Cette saison 1978/1979 restera celle de tous les bonheurs. Toujours présidé par Roger Cohannier, Servette a en effet réalisé un parcours exemplaire en remportant le championnat, la Coupe de Suisse, et la Coupe des Alpes. Du jamais vu ! Une seule ombre cependant dans un tableau idyllique : le malheureux échec en quart de finale de la Coupe des coupes devant Fortuna Düsseldorf. Le 21 Mai 1979, Servette avait revêtu son habit de lumière.
Quinze jours après avoir livré et gagne une éprouvante bataille défensive (0-0) au Rheinstadion, les « Grenat » brulaient d’écrire la plus belle page de leur histoire aux dépends du Fortuna des frères Allofs. Mais une déviation de la tête du long Bommer après seulement quatre minutes de jeu avait l’effet d’une douche froid pour les Servettiens et leurs 23’000 supporters.


A la 80ème minute, Andrey entretenait la flamme en exploitant un habile travail préparatoire de Perterhans. Dans les dix dernières minutes, les Servettiens se ruaient sur l’attaque. Un « retourné » de Barberis et une tête de Peterhans frôlaient la cage allemande. La chance n’était pas du côté genevois… Mais avant de briller sur la scène européenne avec ses victoire sur le Paok Salonique et Nancy- sans Platini, blessé-, Servette avait bien failli connaitre la pire des humiliations. En coupe de Suisse le 7 octobre 1978 à la Neuveville les « grenat » étaient sauvés par l’arbitre Guignet, devant un pensionnaire de 3ème ligue nommé La Rondinella. Trinchero a en effet égalisé sur penalty à la 94ème minute, accordé pour une faute surWeber, lequel avait été pourtant signalé hors-jeu par le lineman. Dans les prolongations, Barberis, Elia et à nouveauTrinchero qualifiaient Servette (4-1).


De La Rondinelle à Fortuna, Servette réussissait le score parfait : Champion après un tour final royal avec dix victoires en… dix matches et vainqueur de la Coupe contre Young Boys (3-2), en deux matches comme l’année précédente devant Grasshopper, grâce à des réussites, le 20 juin, de Weber, Barberis et Hamberg.  « Nous avons récolté ce soir la récompense de trois années de travail » lançait Gilbert Guyot dans les vestiaires du Wankdorf.
A l’intersaison, Peter Pazmandy et Roger Cohannier avaient eu la main particulièrement heureuse pour compenser les dépars de Thouvenel et de Chivers.

Les venues de Piet Hanberg, lequel aura marqué un score à 26 reprises cette saison, et d’Angelo Elia apportèrent un punch indéniable à l’attaque des Charmilles. Une révélation en la personne du Chênois Guy Dutoit procurait une plus grande marge de manœuvre au coach. Les dirigeants servettiens formulaient cependant un regret au soir du dernier triomphe en championnat à Bâle (4-1) : le recul des spectateurs aux Charmilles. Par rapport à la saison 1976/1977, la première de l’ère Pazmandy, Servette avait perdu près de 2’000 spectateurs par match. Et pourtant, quel meilleur spectacle auraient pu réserver les « Grenat » à leur public avec ce football d’attaque justement récompensé par quatre lauriers ?

Rédigé par: Jacques Ducret, hors-ligne, 1990

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