Que la fête fut triste. Le 19 juin 1985, seulement 6’000 spectateurs, malgré l’entrée gratuite, s’étaient rendus aux Charmilles pour saluer les nouveaux champions de Suisse et assister au dernier match d’Umberto Barberis contre Vevey (5-1). Bien que champion avec quatre points d’avance sur Aarau, Servette, lors de cette saison 1984-1985, défraye la chronique par de multiples « affaires » et perd son public. Carlo Lavizzari n’en revient pas. Le champion n’a attiré qu’une moyenne de 5’860 spectateurs par match…


Avant d’obtenir le point du sacre à la Maladière (1-1), les Servettiens avaient joué, ou plutôt, avaient déjoué deux matches. Le 24 mai, ils s’étaient inclinés 3-1 aux Charmilles devant Wettingen. Le 5 juin à Tourbillon, ils avaient été battus… 8-2 par Sion, où Aziz Bouderbala, le percutant Marocain, est irrésistible dans ses déboulés. Guy Mathez n’avait plus aucun contrôle sur la plupart de ses « stars ». Epuisé nerveusement, il est limogé au profit de Jean-Marc Guillou alors que le titre est pratiquement acquis.


Cette saison s’est achevée comme elle avait commencé : sur un vaudeville. Le retour de Lucien Favre en juin 1984déclencha la guerre pour le numéro 10. Entre l’ancien Toulousain et Barberis, les hostilités étaient ouvertes. Lors du camp d’entrainement d’avant-saison à Crans-Montana, l’ensemble des joueurs, à l’exception de Favre, n’assistèrent pas à la victoire de Laurent Fignon dans l’étape du Tour de France sur le haut-plateau. Le jour même, ils étaient descendus à Genève afin de pleurer dans le gilet de leur président lequel était bien embarrassé.


Déjà en tête à la fin du mois d’août, Servette avait pratiquement course gagnée en décembre avec un avantage de cinq points sur Aarau. Les Argoviens de Hitzfled, adeptes du pressing, se révélaient, à la surprise générale, come les seuls interlocuteurs valable des « Grenat ». C’est eux, d’ailleurs, qui les éliminenèrent en demi-finale de la Coupe. Le 14 mai, les Genevois s’inclinèrent 3-1 au Brüggligfeld. Le 24 octobre 1984, le soleil brille à Larissa. Eric Burgener livre dans ce huitième de finale aller de la Coupe des coupes l’un des meilleurs matches de sa carrière avec des parades extraordinaires en fin de rencontre. Un but de Kok après 13 minutes de jeu ouvre une voie royale aux Genevois. Malheureusement, ces derniers écrivent une page d’histoire.

 Menant au score à l’extérieur, ils se font piéger à deux reprises sur des contres.
Dans le cas qui les ramenait à Athènes, une seule question taraudait Michel Renquin  : mais où était passé Geiger  ? Le 7 novembre pour le match retour, les « Grenat » se brisent pendant une heure sur un gardien en état de grâce nommé Plitsis. Ce dernier fait six miracles dans le premier quart d’heure. Les Servettiens s’énervent et à la 61ème, ils sont battus sur une rupture. Ce match sera le dernier de la saison que Lucien Favre disputera. Le numéro dix est sérieusement touché en fin de match. Il laissera donc le « leadership » à Umberto Barberis. Celui-ci joue les rassembleurs, conduit l’équipe et se sert de l’hostilité des médias et du scepticisme du public pour motiver ses camarades. Guy Mathez, qui n’est pas parvenu à faire passer son message, se croit victime d’une conjuration.

Rédigé par: Jacques Ducret, hors-ligne, 1990

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