A l’aube de la saison 2004/2005 les indicateurs sont au vert pour un Servette extrèmement ambitieux, et ce malgré quelques ombres au tableau comme le fait de débuter la saison avec un passif de 3 points, conséquence d’une gestion qui a failli mener à la faillite, laquelle n’a été évitée que de quelques heures par l’arrivée d’un homme que beaucoup espèrent providentiel, Marc Roger. Ce dernier, fanfaron en diable, n’a d’ailleurs pas hésité à exprimer publiquement ses ambitions : il veut que son Servette remporte le titre avec quinze points d’avance sur Bâle !
 


Pour ce faire il n’a pas hésité à chambouler toute l’équipe et faire arriver une pléthore de nouveaux joueurs. Le plus gros coup a été l’engagement du champion du monde 1998 Christian Karembeu qui durant les quelques mois qu’il aura passés en grenat aura eu le temps de démontrer sa classe.
A ses côtés deux autres anciens Nantais auront déçu l’attente des supporters. Et pourtant sur le papier les engagements de Viorel Moldovan et de Stéphane Ziani étaient porteurs de folles promesses.

Le reste de recrutement peut se diviser en trois catégories : les joueurs voulus par l’entraîneur Marco Schällibaum (lequel faute de résultats cédera au bout de quelques matches la place à son assistant Adrian Ursea), et qui dans l’ensemble auront apporté leur pierre à l’édifice avant que celui-ci ne s’effondre complètement : Davide Callà, Eric Hassli et Miguel Portillo.
 


La deuxième catégorie est celle des grands espoirs sud-américains qui auraient pu devenir les piliers du Servette nouveau : les Chiliens Jorge Valdivia et Jean Beauséjour, le Péruvien Roberto Merino et le Brésilien João Paulo. Enfin il a eu les trop nombreux flops : les Portugais Kata et Toni, les Français Domoraud et Alicarte, le Nigérian Furo, les Brésiliens Edu et Leonardo… Mais avec toutes ces arrivées la mayonnaise ne prendra pas vraiment et Servette finira l’année à une peu reluisante huitième place.

Ceci dit c’est en coulisses que tout se jouait.
Marc Roger était venu à Genève en pensant compter sur l’apport financier de l’ancien président du Real Madrid Lorenzo Sanz. Mais l’argent promis (?) ne viendra jamais et les dettes s’accumuleront.

Finalement après un dernier baroud d’honneur désespéré, sous forme d’une conférence de presse promettant un investissement d’une centaine de millions (!) de la part d’un pseudo milliardaire, Joseph Ferrayé dont la prétendue fortune n’aura abusé que le seul Marc Roger, ce dernier se verra contraint de jeter l’éponge, un juge prononçant la faillite du club et la dissolution de l’équipe première, celle-ci devant repartir de zéro (en l’occurrence la Première Ligue) avec son équipe -21.

Rédigé par: Antoine Bernheim