« Servette est le plus fort sur le papier. Si les Genevois ne remportent pas le titre cette année, ils ne l’auront jamais » A la veille du coup d’envoi de la saison 1976/1977 Timo Konietzka et tous les techniciens du pays jetaient presque l’éponge avant le premier round : pour eux, Servette était intouchable. Et même la surprenante élimination des Genevois en tour préliminaire de la Coupe des Coupes devant les Gallois de Cardiff n’altéra pas ce jugement. Peter Pazmandy avait succédé à Jürgen Sundermann. Chivers, Barberis et Valentini étaient venus étoffer un contingent déjà impressionnant, les Servettiens frappaient d’entrée. Aux Charmilles, ils battaient Bellinzone 10-0 malgré l’absence deMartin Chivers. Quinze jours plus tard sous le déluge, les Grasshoppers de Netzer chutaient aux Charmilles (2-1).


Dans le derby lémanique, le Lausanne de Blazevic ne trouvait pas, lui non plus la parade (3-0, trois buts d’Andrey). Eliminés en Coupe à Vevey (3-2), les Servettiens essuyaient leur unique défaite dans ce tour préliminaire le 2 octobre à Bâle. A St-Jacques, Karl Engel, qui allait perdre sa place jusqu’à la trêve pour Brignolo, et sa défense étaient piégés à quatre reprises. Battue 4-1 la formation de Pazmandy n’avait qu’une seule consolation au retour des vestiaires : son incroyable supériorité au corner-score (20-3). Six mois plus tard, Servette signait un dernier carton dans ce tour préliminaire en balayant Sion 6-0 aux Charmilles. Ce succès permettait aux « Grenats » d’aborder le tour final pour le titre en « pole position » avec une longueur d’avance sur Bâle, et deux sur Zurich. Mais un revers (2-1) d’entrée au Wankdorf devant Young-Boys dévoilait la fragilité des Genevois dans ce sprint final. « Nous ne cherchons que le tête de Chivers » déplorait Pfister « No comment » répondait l’anglais.


Mais c’est bel et bien la tête de Chivers qui leur donnait, le 7 mai, un succès sans prix devant Zurich, valeureux demi-finaliste de la Coupe des champions quelques semaines plus tôt face à Liverpool. Le 18 juin, Pazmandy et les siens croyaient tenir le bon bout. Aux Charmilles, devant 16’500 spectateurs, ils dominaient Bâle 2-0 (Andrey et Thouvenel) pour s’emparer seuls, à deux journées de la fin, de la première place. Illusion.

Quatre jours plus tard, un certain Gilbert Gress sortait le grand jeu à la Maladière pour terrasser (4-2) les « Grenats » et les contraindre à un match d’appui contre Bâle au Wankdorf. Le 28 juin, devant… 50’000 spectateurs, les Genevois perdaient tout (2-1). Kudi Müller avait pourtant ouvert le score à la demi-heure. Mundschin égalisait de la tête sept minutes plus tard. « Où était Chivers ? », interrogeait Pazmandy. Et à un quart d’heure de la fin du match, Von Wartburg, délaissé par Andrey, inscrivait le but décisif. Dans les vestiaires, le plus malheureux était Pfister. A la 56ème minute, « Joko » avait galvaudé la balle de match.

Rédigé par: Jacques Ducret, hors-ligne, 1990

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