Les plaies du Wankdorf ne sont pas encore toutes pansées lorsque, le 13 août dans un derby inédit contre le Carouge de Garbani (2-1), Servette entame son championnat. S’il croit avoir stabilisé sa défense avec la venue de Trinchero, Pazmandy cherche son attaque. Kudi Müller est parti aux Young Boys et Pfister, touché au ménisque, est « out » pour de longs moi. Face à Carouge, Pazmandy titularise ainsi Hans-Peter Weber et Thouvenel aux côtés de Chivers. En ce mois d’août, ce n’est pas, pour une fois Servette qui défraie la chronique du football genevois, mais Etoile Carouge. En l’espace de quatre jours, les stalliens fêtent deux victoires surprenant à la Fontenette devant Bâle (1-0) et Zurich (2-1). Pendant ce temps, Servette s’égarait aux « Trois-Chêne » (1-0 but de Duvillard).


Très vite cependant, le 14 septembre, les Charmilles retrouvent l’ambiance des grands soirs. Au premier tour de la Coupe de l’UEFA, les « Grenat » ne s’imposent que sur la marge la plus étroite (1-0, Barberis) devant l’Athletic Bilbao et son fantastique gardien Irribat. « Nous aurions dû réussir le K.O, en première mi-temps », regrettait Pazmandy. Quinze jours plus tard dans la Cathédrale de San Mames, Pazmandy avait toujours le masque. Une mésentente entreEngel et Bizzini à la 58ème minute précipitait l’élimination servettienne. Le coup de grâce tombait à la 70ème minute sur un coup-franc d’Amorrortu. Bouté de l’Europe en même temps que Bâle, Servette retourne illico à ses devoirs nationaux. Le 1er octobre, un nul à St-Gall (2-2) contraint les Genevois à partager la première place avec Lausanne.

Mais les Servettiens remettent rapidement les Vaudois à leur place. Le 11 octobre, à la Pontaise, devant plus de 18’000 spectateurs, Barberis terasse le L.S à l’ultime seconde de la prolongation (2-1) dans un huitième de finale de Coupe mémorable. Le 16, sur la même pelouse les « Grenat » signent la même victoire en championnat.


Le 12 décembre, à la trêve, ce sont pourtant Grasshopper et Lausanne qui mènent le bal. Le 1er avril pour le début du tour final, Grasshopper qi est en train de réaliser le dernier grand parcours européen d’un club helvétique avec sa demi-finale de la coupe de l’UEFA contre Bastia, est toujours leader. Mais le 8 aux Charmilles, Chivers bat Donzé et Sion pour propulser Servette au commandement. Seulement deux faux-pas à domicile (0-2 Bâle et 1-2 Zurich) interdisent aux « Grenat » d’inquiéter GC pour le titre.


Il reste la coupe. Qualifié pour la finale contre les Grasshopper à la faveur de ses succès contre la Chaux-de-Fonds (2-0) et Chiasso (1-0), Servette arrache le dimanche 3 juin son quatrième succès dans cette épreuve. Le 15 mai, lors de la « première » finale, les deux formations ne s’étaient pas départagées (2-2). En plein Mundial argentin, les Genevois forcent la décision grâce à une réussite de Thouvenel (17ème). Le frontalier quitte Servette pour la France par la grand porte, où tous les bonheurs l’attendront en Gironde après une année de purgatoire au Paris FC.

Rédigé par: Jacques Ducret, hors-ligne, 1990

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