Carlo Lavizzari fait très fort durant l’été 1981. Le « boss » servettien n’y va pas par quatre chemins pour monter une grande équipe : quatre internationaux, Burgener, Geiger, Favre, Decastel, un espoir, Elia, le meilleur buteur de LNB,Gavillet, et un attaquant français, Pleimelding, alléchés par la promesse de bons contrats, signent au Servette. Et pour étoffer son « staff » technique, le président engage un directeur technique en la personne de Guy Mathez. Le 6 décembre1981, les dirigeants servettiens arborent un sourire radieux. Le carton réalisé aux Charmilles (4-0) devant un Xamax européen permet aux Genevois de boucler le premier tour de ce championnat à seize équipes avec quatre longueurs d’avance sur le FC Zurich et sept sur les Grasshopper. Durant ce premier tour, Servette totalise quatorze victoires et une défaite. Servette ne chute que le 14 novembre au Letzigrund lors de la 12ème journée. Devant 21’500 spectateurs, Zurich l’emporte 3-2.


Le public revient à nouveau aux Charmilles, la moyenne des spectateurs repasse la barre des 9’000 (9’025). La ligne d’attaque des Servettiens est de loin la plus percutante, avec 52 buts en 15 matches. Au classement des buteurs, on retrouve trois hommes de Pazmandy aux trois premières places : Elia (13 buts) Schnyder (12) et Favre (9). Si l’échec sur les bords de la Limmat n’est regrettable qu’au niveau des statistiques, celui à Sion, en Coupe de Suisse, est plus fâcheux. Le 1er novembre, la défense genevoise, à l’instar de Geiger expulsé, craque de manière inexplicable à Tourbillon. Servette mène 2-0 à la pause grâce à Elia et Radi. Mais Cucinotta et Perrier rétablissent l’équilibre après le repos avant que ce même « Cuci » ne mette K.O. l’ogre grenat durant la première prolongation.


En janvier 1982 sur la moquette des Vernets lors de la première du « Placette Indoor », l’euphorie est toujours de mise. Une tête plongeante de Pleimelding terrasse le Saint-Etienne de Platini. Présent dans les tribunes, Michel Hidalgo n’écarte pas la possibilité d’appeler le centre-avant Servettien pour le Mundial espagnol. Au cours du Tournoi, Carlo Lavizzariannonce son intention de ne pas renouveler les contrats de Valentini, Guyot et Bizzini, les trois éléments chevronnés de la défense.


Tout bascule en fait en février. Les Servettiens reviennent de leur camp d’entraînement en Côte d’Ivoire avec un mauvais virus. La moitié du contingent est sur le flanc, les dirigeants demandent et obtiennent le renvoi du match de reprise contre Lausanne le 28 février. Le 7 mars, les « Grenat », encore affaiblis, chutent lourdement (3-0) au Hardturm devant Grasshopper et un Sulzer en était de grâce. Servette ne retrouvera jamais son brio du premier tour. Ainsi le 14 mars, les Genevois ne peuvent que partager l’enjeu aux Charmilles devant… Bulle (1-1). Le public réagit par des sifflets à cet affront.


Le 1er mai, un boulet de canon du Bernois Baur abat Servette au Wankdorf et entraîne le départ de Peter Pazmandy. Il est prié de prendre des vacances, Huit jours plus tard, Guy Mathez, qui contestait les choix tactiques de l’entraîneur, est aux commandes. Il évite de peu la défaite pour sa « première » contre Zurich (1-1). Aux Charmilles, les 16’000 spectateurs applaudissent une égalisation inespérée de Favre à la 93ème minute. Grasshopper, victorieux 3-2 de St-Gall, rejoint Servette en tête du classement. Servette perd finalement le titre le 5 juin en partageant l’enjeu (2-2) aux Charmilles devant Sion. Ce soir-là, Guy Mathez se plaint amèrement de l’absence d’une véritable entente romande.

Rédigé par: Jacques Ducret, hors-ligne, 1990

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