Sixième épisode avec Alex Frei. Le meilleur buteur de l’histoire en Équipe de Suisse revient sur sa carrière, durant laquelle il a inscrit 300 goals. L’attaquant de 40 ans évoque aussi ses passages à Rennes et Dortmund, avant de terminer son parcours à Bâle.
En cruel manque d’efficacité
offensive, les attaquants ont bien de la peine à se démarquer en cette saison
du retour en Super League. Je vous propose donc de revenir sur ces bons et
moins bons attaquants passé par le club.
Aujourd’hui hormis peut-être Schalk,
qui a fait un bon match contre Sion, aucun attaquant ne sort du lot. Kyei,
certes arrivé tard dans le mercato, vient enfin d’inscrire son premier but mais
montre quelques lacunes techniques, notre Koro Koné, en qui beaucoup en faisaient
notre titulaire indiscutable cette saison, n’a pas encore marqué, n’a pas fait
un seul bon match et est actuellement blessé… et puis il y a Chagas, qui
était un très bon joker, mais aujourd’hui ne fait plus la différence, pire il
est souvent totalement invisible.
Mais trouver un attaquant est une
tâche difficile. Même les grands clubs, qui peuvent sortir le chéquier pour
s’en offrir, font souvent des erreurs de casting. Alors, quand on est tout de
même un grand club mais sans argent, il faut faire des paris. C’est ce qui est
le cas pour Servette depuis de nombreuses années.
Je vous propose aujourd’hui donc,
de se replonger dans ces moments où nous avions cru dégotter notre grantatakan.
Souvent des coups de poker, peu ont très bien marché et beaucoup ont été des
flops. En voici donc quelques-uns :
Dominique Malonga
Dominique Malonga à l’entraînement.
Arrivé pour remplacer un certain Jean-Pierre
Nsamé, Dominique Malonga arrive au club du bout du lac de Genève à la fin du
mercato de l’été 2017. Un pari de l’entraineur de l’époque sur ce joueur de 28
ans, formé au Tours FC et à l’AS Monaco. Il a beaucoup changé de clubs durant
sa carrière mais à toujours marqué dans les clubs où il a évolué.
Ex-international espoir français U19, il a 8 sélections avec l’équipe national
du Congo. Tout semble dire qu’il s’agit d’un bon pari. Beaucoup y mettent de
l’espoir en lui et y voient (déjà) le futur Nsamé. Prêt à enquiller les buts en
Challenge League.
Malheureusement tout espoir en
lui disparait assez rapidement. Il rentre quelques fois en match durant le 1er
et le 2ème tour, puis à partir du 3ème tour il ne sera
plus jamais convoqué avec l’équipe première, il jouera le plus souvent avec les
M21 du club.
Il finira sa première saison au
club avec 7 matchs, 99 minutes de jeu et zéro but. En juin 2018, il est libéré
par le club.
Goran Karanovic
Goran Karanovic lors de la saison 2011-2012.
« Je serai venu à pied pour
jouer avec Servette » Voici une des déclarations de Karanovic lors de son
arrivée au club. Après une saison à Kriens prêté par Lucerne, Goran débarque
chez nous lors de la saison 2010-2011.
Jeune et technique, sa première
saison fût marquée par une deuxième place en Challenge League avec le club et
la fameuse montée contre Bellinzone en barrage. Pour lui se fut une première
saison « d’adaptation » avec 8 buts et 3 passes décisives. A 24 ans
et après cette bonne saison il se prépare donc à retrouver la Super League.
Sa deuxième saison, 8 buts
(co-meilleur buteur du club en championnat) et 3 passes décisives, et sa
troisième saison, 7 buts (meilleur buteur du club), furent bonnes malgré les
résultats du club. Il déclare lui-même avoir beaucoup évolué lors de son
passage à Genève et qu’il le gardera toujours dans son cœur. Personnellement, je
garde un très bon souvenir de lui, ce n’était peut-être pas un serial-buteur,
mais il s’est toujours beaucoup battu pour le club. Sans oublier son doublé
après avoir écrasé les sédunois 4-0 à la maison, alors que le club n’allait pas
très bien à ce moment-là.
Il quitte le club après la
relégation en 2013, après 3 ans chez les Grenats.
Carlos Saleiro alias « Calimero »
Carlos Saleiro ou le flop légendaire.
Formé au Sporting et étant
Portugais, Carlos Saleiro a quelques points communs avec un certain Cristiano
Ronaldo, ils ont dû même se croiser quelques fois au club lorsque les deux y
jouaient. Il y en a un seul qu’ils ne doivent pas avoir en commun pourtant, le
talent.
Arrivé au Servette FC en 2011,
après avoir été prêté dans tout le Portugal par le Sporting, il arrive donc
avec l’étiquette de bonne pioche. Ayant fréquenté toutes les sélections du pays
en jeunes (U17, U18, U19, U20, U21 et U23) et avec plus de 60 matchs en
première division portugaise, dont 27 durant la saison 2010-2011, on est
impatient de voir ce qu’il va apporter.
Pourtant, tout ne se passe pas comme
prévu, son premier match n’a lieu que le 22 septembre 2011. Puis fin novembre,
il se murmure que le joueur est arrogant envers ses coéquipiers et très peu
humble en se trouvant par exemple « trop bon pour jouer sur un
terrain comme celui de La Praille ». Ses statistiques pourtant ne jouent
pas en sa faveur, il ne marque pas de but, sur le terrain ou en dehors il ne
semble pas investi et c’est surement pour cela qu’il ne jouera plus après
février.
La « starlette » donc
finira sa saison avec 7 matchs, 0 but et 1 passe décisive. Un très maigre bilan
pour un joueur qui se qualifie comme au-dessus du lot.
Karl-Heinz Rummenigge
Un double ballon d’or sous la tunique grenat.
Si vous suivez le football, ce
nom vous est forcément familier. Il y aurait tellement de choses à dire sur lui
que ces quelques lignes ne suffiraient pas, il mériterait plus qu’un article
pour sa carrière et il y en aura forcement un sur son passage au Servette. Mais
que dire en quelques lignes ?
Arrivé libre de l’Inter Milan en
1987, beaucoup pensent qu’il vient pour une retraite dorée. Il déclare lui-même
avoir eu de meilleures offres financières et avoir choisit Genève pour
découvrir quelque chose de nouveau. Mais que nenni, la star internationale dit
vouloir tout donner pour le club et ce ne sera pas des paroles en l’air.
Il conclu sa première saison avec
10 buts en 19 matchs. Puis lors de sa deuxième saison Servette ne finit que 8ème
du championnat et ce malgré ses excellentes statistiques, 25 buts en 37 matchs,
alors qu’est-ce qu’il en aurait été sans
lui ? Ce fût donc une très bonne pioche, qui aura beaucoup apporté et il
finira sa carrière au club après ces 2 saisons. Malgré un passage court, il
reste très attaché à notre beau club et n’a pas hésité à féliciter l’équipe en
mai dernier après la promotion. Aurait-il soufflé le nom de Servette à Ribéry
comme destination au lieu de la Fiorentina ?
Junior Moukoko
Junior Moukoko en discussion avec Pascal Dupraz
Arrivé en 2007 au club, Junior
Moukoko est un jeune Congolais formé tout d’abord à l’AJ Auxerre puis à
Châteauroux. Il jouait à Croix de Savoie
avant d’être recruté par le club. Recruté surtout grâce à un retourné
acrobatique lors d’un match amical de pré-saison (comme quoi n’importe quel
joueur amateur aurait pu être recruté par le club à cette période), Junior fit
une première saison très moyenne au club avec 9 buts en 25 matchs de
championnat.
Très combatif sur le front de
l’attaque, Junior manque toute de même d’efficacité dans le dernier geste. Il a
pu profiter de certaines blessures (Tréand) et départ (Esteban) pour beaucoup
jouer. Sa deuxième saison fût presque catastrophique, avec 10 petits matchs
pour seulement 1 but.
Il quitte ensuite le club en
Janvier durant le mercato hivernal pour rejoindre le FC Libourne et on
n’entendit plus parler de lui par la suite.
Voici donc la fin de ce petit
format et de ce petit tour des attaquants recrutés par le club. Bien évidemment
je passe à côté de pleins d’autres (Nsamé, Kader, Alphonse, etc), mais cela
nous permet de nous remémorer ces petites perles et de peut-être relativiser.
La vie de supporter est terrible, il suffit d’un mauvais match pour haïr un
joueur et d’une aile de pigeon pour passer de basketteur à crack.
Un des nombreux valaisans ayant joué pour le Servette FC. Voici le
portrait d’Umberto
Barberis alias « Bertine », l’un des nombreux sédunois
qui a donné au club ses plus grands moments de gloire.
Mais qui était ce petit gaillard d’un mètre septante et avec le
numéro 6 sur le dos célébrant le quadruplé exceptionnel lors de la saison
1978-1979 du Servette FC ? Ce n’était personne d’autre qu’Umberto Barberis !
Né le 5 juin 1952 à Sion d’une famille d’origine italienne, il est formé dans
l’équipe locale où il s’y impose et y joue 101 matchs de championnat suisse
pour 16 buts. Il rejoint par la suite le grand (mais pas aussi que notre beau
Servette FC) Grasshopper-Club Zürich, où il marque 6 buts en 26 matchs, qu’il
quitte après une petite saison pour le Servette FC en 1976.
8 titres en 4 saisons
Ah la bonne époque des vignettes Panini du Servette FC !
Il arrive donc à Genève en 1976, milieu infatigable et d’un grand
talent, il s’impose dans l’équipe du bout du lac dès sa première saison avec 17
buts en 32 matchs. Il marque donc beaucoup de buts et contribue pleinement à la
deuxième place obtenue par le club cette année-là.
Son année la plus réussie chez le pensionnaire du Stade des
Charmilles est celle de 1978-1979. A-t-on vraiment besoin de rappeler aux
supporters ce qu’il s’est passé cette saison-là ? Non, mais faisons-nous tout
de même un peu plaisir. Aidé par les Pfister, Didi Andrey, Elia et Hamberg, le
club rafle tous les titres sur la scène nationale. La coupe des Alpes, la coupe
de la ligue, le championnat et la coupe de Suisse finissent toutes dans la
salle des trophées du club servettien.
Ils effectuent aussi un beau parcours en coupe d’Europe, où ils auraient clairement pu aller jusqu’au bout, sans une double contre-performance contre le Fortuna Düsseldorf. On se rappellera surtout du match contre l’AS Nancy-Lorraine de Michel Platini (absent) et une action en solitaire dans les 16 mètres effectuée par Barberis, où il se débarrasse de ses adversaires dans un mouchoir de poche pour centrer le ballon qui finira sur la tête d’Hamberg qui marquera le premier but. Puis il marquera le but du 2-1 de la tête sur un corner d’Andrey.
L’action en question se trouve à 1:41.
Cette saison-là « Bertine » a brillé dans toutes les
compétitions, avec comme exemple un but dans les dernières minutes contre
Nordstern Basel en quart de final de la coupe Suisse, faisant le but du break
et qualifiant donc le club pour la suite de la compétition. Sans oublier aussi
son but en finale de la même compétition dans le deuxième match opposant
Servette à YB, permettant au club de remonter au score après la mi-temps, de
gagner le match et donc de soulever le trophée.
Après cette année, Barberis effectue une saison supplémentaire au club, ponctuée de 16 buts en 33 matchs, avant de s’envoler pour l’AS Monaco et le championnat de France.
Umberto Barberis avec l’équipe de Suisse.
Avec le maillot à croix blanche, c’est tout de même plus
difficile. La sélection étant dans l’un des pires passages de son histoire,
elle ne gagne que très peu de match ou fait souvent des matchs nuls. Il connait
ses premières sélections en 1975. A la fin de sa carrière, il aura participé
tout de même à 54 sélections pour un total de 7 buts.
Retour aux sources
« On n’est jamais aussi bien que chez soi ». C’est ce qu’a dû se
dire Barberis après 3 ans sur le Rocher. Pourtant élu deux fois d’affilées
comme le meilleur joueur étranger du championnat de France, il décide en 1983
de retourner au bercail. Il revient et prend cette fois le numéro 10, le numéro
6 appartenant dorénavant à un défenseur central, un certain Alain Geiger. Il
revient aussi dans un championnat à 16 équipes, contre 12 précédemment. N’ayant
plus gagné le championnat depuis 1979 et ayant fini deux fois à la deuxième
place, Servette compte sur le retour du prodige pour changer la tendance.
La saison de 1983-1984 se passe bien, surtout personnellement,
avec 16 buts en 33 matchs, Bertine montre l’étendue de son talent. Servette
perd malheureusement le championnat de justesse et finit encore deuxième. En
coupe Suisse, dès son retour il aide l’équipe à atteindre la finale, où ils en
ressortent vainqueurs avec un seul but d’écart signé Alain Geiger.
Puis lors de la saison 1984-1985, il marque 9 buts en 29 matchs et
aide le club à conquérir le championnat Suisse, un titre qui échappait aux
grenats depuis 5 saisons.
Il finit donc sa carrière au Servette FC, puis y reste en tant
qu’entraineur adjoint avant de s’envoler pour une carrière d’entraineur. Une
carrière qui le ramènera plus tard au club des supporters Grenat, lors de la
saison 1995-1996. Mais ça, c’est une toute autre histoire.