Des ex-Servettiens d’Étoile Carouge proches de l’exploit face au FC Bâle

Des ex-Servettiens d’Étoile Carouge proches de l’exploit face au FC Bâle

Ce mercredi, en quarts de finale de Coupe de Suisse, les Stelliens ont failli éliminer les Rhénans. Sur la feuille de match, de nombreux anciens du Servette FC étaient de la partie qui s’est terminée sur un malheureux 1-3.

 

Les fans du Servette FC, venus soutenir le dernier représentant genevois en Coupe de Suisse, ont pu apercevoir 10 ex-Grenat ayant joué/entraîné ou été formé au club. On retrouvait dans le onze de départ :

  • les défenseurs Mathis Magnin (n°4) et Vincent Rüfli (n°22)
  • les milieux Sidiki Camara (n°21) et Ricardo Alves Azevedo (n°27)
  • les attaquants Oscar Correia (n°7) et Usman Simbakoli (n°70)

Et sur le banc :

  • l’entraîneur Adrian Ursea (assistant 2003-2004, puis 2004-2005 et manager M21 en 2019)
  • le défenseur Noah Henchoz (n°28, entré à la 89e)
  • le milieu Yassin Maouche (n°5, entré à la 80e)
  • l’attaquant Luca Sestito (n°29, entré à la 81e)

 

Résumé express du match: les hommes de Andrea Ursea ont frappé fort devant les plus de 4’000 spectateurs de la Fontenette avec une 1ère mi-temps séduisante marquée par un jeu flamboyant. Les nombreuses occasions se sont concrétisées à la 55e par un tir magique de Oscar Correia (0-1). Malgré un penalty repoussé plus tôt par Signori Antonio face à Shaqiri (49e), les Stelliens ont perdus leurs moyens en dix minutes avec 3 buts encaissés entre la 83e et la 87e: cruel!

 

Retrouvez les photos des anciens Servettiens par Julien Thurnherr

 

 

 

Départ de Richard Feuz : un chapitre inoubliable se tourne !

Départ de Richard Feuz : un chapitre inoubliable se tourne !

Ce début d’année 2024 marque la fin d’un chapitre au sein du Servette FCCF, avec le départ de Richard Feuz. Il quitte la présidence de l’équipe féminine après une contribution exceptionnelle.

Il y a sept ans, Richard Feuz a rejoint la famille Grenat en tant que stagiaire, démontrant rapidement un dévouement et une passion qui ne passèrent pas inaperçus. Sa montée fulgurante jusqu’au poste de Directeur Général a été marquée par un leadership visionnaire qui a laissé une empreinte indélébile sur l’ensemble du club.

Un grand nom du football féminin genevois

Particulièrement dévoué à l’équipe féminine, l’homme, ambitieux, a fait vivre aux fans des moments historiques. Son travail a contribué à la qualification mémorable du Servette FC Chênois Féminin en Ligue des Champions, un accomplissement qui a non seulement fait honneur au club, mais a également ouvert de nouvelles perspectives pour le football féminin dans la Cité de Calvin.

Outre le championnat suisse remporté en 2021, les Féminines ont remporté récemment, en 2023, la Coupe de Suisse sous la direction de Richard “Rick” Feuz. Cette victoire glorieuse a été le couronnement de sa vision, de son engagement et du travail acharné auprès de chaque membre de l’équipe.

Son influence positive aura façonné non seulement des athlètes exceptionnelles, mais aussi des leaders inspirants sur et en dehors du terrain.

Aujourd’hui, alors qu’il quitte la présidence du Servette FC Chênois Féminin, nous remercions Richard pour son dévouement indéfectible, son engagement et sa vision qui ont enrichi chaque aspect de notre équipe féminine. Au nom de la communauté Servettiens.ch, nous lui souhaitons le meilleur pour ses futurs projets, convaincus que sa passion et son engagement continueront d’inspirer tous ceux qui ont eu le privilège de travailler à ses côtés.

Au revoir, Rick, et merci pour cette page inoubliable de notre histoire.

Jérémy Frick, une nouvelle légende dans l’histoire du Servette FC !

Jérémy Frick, une nouvelle légende dans l’histoire du Servette FC !

Il y a quelques jours, le Servette FC annonçait la prolongation du contrat de Jeremy Frick jusqu’en juin 2027, pour le plus grand plaisir des Servettiens. À ce jour, il compte plus de 250 matchs joués et devient le dixième joueur le plus capé de l’histoire du club. Retour sur la carrière d’une légende servettienne…

Les débuts de Jérémy, à Collex-Bossy

Jérémy Frick naît le 8 mars 1993 à Genève. Il fait ses premiers arrêts au FC Collex-Bossy. En juniors C, il y joue avec son grand frère comme coéquipier et son père comme entraîneur. Son meilleur ami Nicolas et numéro 10 de l’équipe se rappelle parfaitement de ”Jerem” à cette époque. « Quand je le vois jouer aujourd’hui, je vois le même joueur qu’il était à l’âge de douze ans. Il n’a pas changé.

Le Collésien était le plus jeune joueur de l’équipe, mais il avait un charisme incroyable. Confiant, il s’est vite imposé comme un leader et montait très souvent à trente mètres de son but pour diriger la défense. Ses coéquipiers le charriaient en disant qu’il allait finir par se faire lober mais, selon Nicolas, ce n’est jamais arrivé. 

Loquace, le Jérémy Frick est surtout une personne qui se démarque par son sens de l’humour et le fait qu’il soit souvent tourné vers les autres. « Il aimait nous faire rire, témoigne Nicolas. Je me souviens d’un entraînement en plein hiver. Il neigeait, la température avoisinait les cinq degrés. Ce genre d’entraînement où tu aurais préféré rester à la maison. Voyant nos visages dépités, Jerem s’est jeté dans une flaque d’eau glaciale au centre du terrain avant le début de l’entraînement. On a tous ris ! Mais il passé notante minutes dans son maillot de foot mouillé dans ces conditions météo. »

Le jeune gardien ne prend pratiquement aucun but durant la saison, et il attire rapidement l’attention du Servette FC où il y sera recruté à l’âge de treize ans. Il joue en parallèle dans l’équipe nationale des M15 jusqu’aux M21. Puis ses aptitudes footballistiques traversent les frontières. Il continue alors sa formation de junior à l’Olympique Lyonnais jusqu’à être appelé dans le groupe A, notamment en Champion’s League pour un match contre le Real Madrid en 2012. 

Le retour au pays

En 2015, il revient au Servette FC à la suite d’un prêt de l’Olympique Lyonnais. Après un arrêt au FC Bienne, il revient finalement dans les buts servettiens la saison suivante. Le retour en ville genevoise est rempli de défis pour le gardien. L’équipe en Challenge League ambitionne alors une montée en première division. Protégé par son portier, le Servette FC retrouve sa place en Super League le 10 mai 2019 lors d’une victoire contre le Lausanne Sport dans un match désormais historique.  

Son ancien coéquipier Steven Lang, arrivé peu après lui dans l’équipe, évoque les souvenirs de sa rencontre avec Jeremy Frick : « Avec lui, ça a tout de suite ”matché” ! Il est super sympa, bon délire, grande gueule mais dans le bon sens ! C’est un très bon gardien en particulier sur sa ligne. Malgré son grand gabarit, il arrive à se mettre très vite au sol. Je garde un très bon souvenir des années jouées avec lui ». 

La saison 2018-2019 reste d’ailleurs marquée dans la mémoire de l’ancien attaquant servettien. « C’était une année incroyable, le groupe était soudé. On faisait souvent des Escape Games. Je me souviens un jour, Le Pogam, Wüthrich, Frick et moi avons remporté le meilleur temps de sortie d’une salle. Et bien sûr, le jour où on a soulevé la coupe de Challenge League a été incroyable. Mais c’est toute la saison qui reste gravée dans ma mémoire »

Consécration et renaissance

Dès lors, Frick (ou ”le mur” pour les fans) devient un réel leader de l’équipe. Il participe activement à maintenir le club en bonne position dans l’élite suisse. Le capitaine des Grenat ne se contente pas de ce haut de classement. La saison passée, le club décroche les qualifications pour la Champions League. L’équipe fait vibrer les supporters, notamment contre Genk cet été où ils remportent une victoire historique malgré la blessure du gardien genevois. À titre personnel, le gardien est également convoqué par la Nati en cette année 2023.

Sous le maillot Grenat, le meilleur gardien de Challenge League 2018 entame sa quatrième saison en tant que numéro 1 (ou plutôt 32) en Super League. Daniel Blanco, entraîneur des gardiens du Servette FC, réagit à la prolongation du trentenaire. « C’est un clubiste, c’est un Genevois attaché à son terroir. Il irait à la guerre pour le club ! C’est le capitaine, et je pense qu’il y a des bonnes raisons pour cela. Il joue ici depuis longtemps, mais il représente aussi Genève ».

Pour l’entraîneur servettien, Jeremy Frick est un atout pour le club. Il le décrit comme un travailleur acharné, un gardien complet qui a une très bonne compréhension du jeu. À tout juste 30 ans, le Genevois est à son apogée. Il est une figure de force et de loyauté pour le Servette FC. Le gardien souhaite mener l’équipe au titre de champion suisse. 

Nous le remercions pour son dévouement envers les Servettiens, et espérons qu’il soulèvera la coupe après sa prolongation auprès du club ! 

Photo de couverture: Adrien Schweizer

Servette – Grasshopper : Une fervente rivalité oubliée? Retour aux années 1990

Servette – Grasshopper : Une fervente rivalité oubliée? Retour aux années 1990

Les années 90, décennie de tous les changements, la mondialisation explose, Internet émerge, les jeux vidéo s’imprègnent dans notre culture et le Servette FC vit sa dernière grande décennie de football. Imaginez-vous marcher dans les rues de Genève, walkman en poche, chemise oversize sur le dos, passer à la Placette acheter quelque chose à boire avant de vous rendre au mythique Stade des Charmilles pour voir le match que tout le monde attend: Servette – Grasshopper. Un stade rempli, chantant, criant et scandant le nom de nombreuses stars présentes sur le terrain: Éric Pédat, Sébastien Barberis, Oliver Neuville ou encore Sonny Anderson. Les deux équipes s’affrontent dans un match disputé, physique et féroce.


D’un côté un Servette alléchant, qui grâce à ses jeunes permet au club de rêver plus grand en décrochant les championnats de 1994 et 1999. C’est d’ailleurs suite à cette belle période que Servette voulut grandir avec des projets comme le Stade de Genève et une capacité de 30’000 spectateurs avant de subir une double faillite qui ne permit jamais au club d’aller au bout de ses ambitions.

De l’autre Grasshopper, l’ogre zurichois qui rafle les championnats 1990, 1991, 1995, 1996 et 1998. Clairement le leader du championnat suisse de l’époque. Un club, qui habitué au sommet lors de cette décennie, ne côtoiera que très rarement le top 2 les 20 années suivantes.

C’est dire qu’avant l’explosion du FC Bâle dans les années 2000-2010, remportant 12 de ses 20 titres de champions dans ces années-là, Servette et Grasshopper étaient les clubs les plus titrés de Suisse. La rivalité était donc très forte. Servette décroche même son titre de 1994 à la dernière journée en battant à Berne, les Young Boys (1-4) et passant ainsi devant Grasshopper qui avait fait faux pas en Argovie contre Aarau (1-1). En 1997/98 et 1998/99, les deux équipes se disputent aussi le titre dans une lutte effrénée, à tel point qu’en 1999 le titre se joue à la différence de buts à l’avantage du club grenat.

Servette avait certes ses rivaux romands bien connus et toujours actuels comme le Lausanne-Sport ou le FC Sion mais outre-Röstigraben, le club zurichois de la sauterelle était l’ennemi public numéro 1 des servettiens. Choc des 2 plus grandes villes du pays dans une décennie où la mondialisation explose? Choc culturel, linguistique? Beaucoup d’aspects influençait cette rivalité. Servette était l’épine dans le pied du géant zurichois dans les années 90.

La rivalité existait déjà dans les années 80 (La saison 1983/1984 par exemple s’est terminée par une égalité entre les deux clubs qui ont dû être départagé par un match d’appui gagné 1-0 par Grasshopper qui a causé des polémiques) et précédemment avec de nombreuses confrontations en LNA ou en Coupe de Suisse, mais elle atteint son paroxysme réellement dans les années 90. Alors voilà, 23 ans sont passés depuis le dernier titre grenat, Servette a chuté, est revenu, a rechuté et est encore revenu. Grasshopper a, quant à lui, été un candidat sporadique de la LNA / Super League, pour finalement quitter pour la deuxième fois de son histoire (1ère fois en 1949) la première division en 2019. Depuis, les sauterelles sont revenues, mais la rivalité à quelques peu disparu. Les deux clubs ne sont plus candidats au titre, au détriment des YB, Bâle ou encore FC Zürich l’année passée. Pire encore, les plus faibles affluences servettiennes au Stade de Genève sont contre Grasshopper.

En somme, Servette – Grasshoppers en Finale de Coupe de Suisse, c’est 11 matches pour 3 victoires servettiennes (1928,1949,1978) et 4 défaites (1934,1938,1941,1983), 6 demi-finales, un quart de finale, 2 huitièmes de finale et un seizième de finale. En championnat, 187 matches pour 64 victoires servettiennes, 42 nuls et 81 défaites. Avantage aux sauterelles zurichoises, mais pour combien de temps encore?

Alors aujourd’hui en 2022, dans une décennie de changement, où la mondialisation implose, où Internet est notre quotidien, les jeux vidéo si proches de la réalité et où le Servette FC essaie de revivre une grande décennie de football. Marchez dans les rues de Genève, écouteurs bluetooth à l’oreille, pull grenat sur le dos, passez à la Praille, achetez-vous quelque chose à boire et rendez-vous au Stade de Genève qui n’attend que sa gloire, pour voir et relancer une rivalité que le temps a voulu évincer: Servette – Grasshopper. Remplissons le stade, chantons, crions et scandons l’amour du club et des futures stars du club présentes sur le terrain: Miroslav Stevanovic, Timothée Cognat, Nicolas Vouilloz ou encore Jérémy Frick. Rendons notre stade un véritable chaudron où a lieu des matchs disputés, physiques et féroces. 

Anthony Sauthier: Notre capitaine

Anthony Sauthier: Notre capitaine

Qu’est-ce qu’un capitaine? Le capitaine est celui qui porte, qui représente et qui pousse son équipe à faire de son mieux en tout temps, en tout lieu. Il parle à l’arbitre, il crie, il encourage et sans lui l’âme de l’équipe disparaît. Un capitaine c’est bien plus qu’un brassard, c’est l’Homme qui le porte. 

Jeunesse grenat 

Mercredi 12 janvier, on apprenait la fin de l’aventure de notre cher capitaine Anthony Sauthier au Servette FC. Genevois de naissance, Anthony naît dans la cité de Calvin le 5 février 1991. Passionné par le club grenat dès son plus jeune âge, Anthony regarde des étoiles pleins les yeux, le Servette des années 90. Il est décidé, il veut marquer ce club de son empreinte. C’est à l’âge de 13 ans que le Genevois effectue ses classes dans l’Académie du club grenat. 

Le joueur aime le club mais celui-ci n’a plus les mêmes capacités et le même standing que le club qu’il a admiré dans sa jeunesse. 4 ans plus tard, le latéral droit prend la décision de signer dans le club rival sédunois, évoluant quant à lui en Super League.

Début pro au FC Sion 

Sauthier arrive à Sion lors de la saison 2009/2010. Le Genevois impressionne en équipe de jeunes et inscrit deux buts en 13 matchs avec l’équipe M21. Il acquiert la confiance de Didier Tholot qui le lance en équipe première le lendemain de ses 19 ans contre Saint-Gall à la 70e minute. Suite à cela, Anthony va enchaîner les minutes et les titularisations et finir la saison avec 16 apparitions. Il est même appelé en équipe Suisse U19 à 5 reprises en marquant 1 but. 

La saison d’après, le nouvel entraîneur Bernard Challandes confirme la confiance du club sédunois à Sauthier et en 32 matchs (2 buts et 2 passes décisives) il participe au titre en Coupe de Suisse du FC Sion. Durant la saison, il monte en équipe Suisse U20 pour 6 matchs (1 but). 

Toutefois les deux saisons suivantes vont être plus décevantes pour le jeune Anthony qui est à nouveau relégué partiellement avec les M21. Le joueur se rend compte alors qu’il doit partir, et c’est du côté de son cœur que le Genevois a décidé de poser bagages. 

Sais-tu pourquoi mon cœur est grenat? 

C’est dans un Servette en pleine perdition dans lequel revient Sauthier en prêt de deux ans. Relégué de Super League, au bord d’une nouvelle faillite, Sauthier essaie tant bien que mal de redonner cette grandeur qu’avait le club. Malgré deux très bonnes saisons sur le plan individuel (4 buts et 5 passes décisives) tant que collectif (2e de Challenge League), le club grenat ne va pas bien financièrement et évite de peu la faillite par la reprise de Didier Fischer et la Fondation 1890. Le club est toutefois rétrogradé en 1ère Ligue Promotion pour faute de licence. 

Mais Anthony ne part pas et reste au Servette FC. De la 1ère Ligue Promotion au match de la promotion en Super League en mai 2019, le Genevois va lutter pour le club, donner son âme sur le terrain, vibrer avec les supporters et crier de joie. 

Au bout de 4 saisons au club, le petit Anthony, devenu grand, prend le précieux brassard de capitaine. Quoi de plus logique pour celui qui depuis tout petit supporte le club, celui qui y a été formé et celui qui a désormais ramené le Servette FC avec ses coéquipiers dans l’élite suisse. 

En Super League, il s’imposera dans le schéma tactique d’Alain Geiger comme le leader sur le couloir droit de l’équipe. Il ne marquera qu’un seul petit but en trois saisons (mais quel but!) mais délivrera les prestations de qualité qu’on attend d’un latéral droit de la renommé du Servette FC des années 90. 

Ainsi, le grenat de cœur réalise son rêve d’enfant: jouer au Servette FC, jouer l’Europe à deux reprises et surtout marquer l’histoire du club, en devenant le capitaine du club servettien. 

Le joueur, l’homme, le supporter 

L’histoire d’amour entre Sauthier et Servette finit malheureusement en janvier 2022. Le numéro 2, cette saison-là, fut relégué au banc de touche par son coach. Le joueur a par ailleurs été aperçu en Tribune Nord lorsqu’il n’était pas convoqué, ce qui montre l’amour qu’il porte au maillot grenat. Il prend désormais la direction d’Yverdon-Sport et il est désormais temps de tourner une page de l’histoire. Alors, pour cette fin de parcours grenat, Anthony, de ma part et celle de toute l’équipe de Servettiens.ch, nous aimerions t’adresser un message: 

Cher Anthony, même si nos chemins se séparent, tu resteras à jamais dans le cœur des supporters grenat. Tu as apporté tout ce qu’un capitaine avait à apporter, tu es devenu un exemple pour beaucoup de jeunes Genevois qui rêvent de devenir comme toi. Comme toi derrière ta TV il y a plus de 20 ans, il y a peut-être un petit Anthony qui t’admire les yeux brillants. 

Merci pour tout Capitaine <3

De champion suisse à barragiste: La longue déroute du XXIe siècle du Servette FC

De champion suisse à barragiste: La longue déroute du XXIe siècle du Servette FC

Club historique ?

Comment reconnaît-on un club historique ? Est-ce sa capacité à dominer son championnat national pendant plusieurs années ? À gagner toujours plus de titres ? Certes, l’histoire veut qu’on ne retienne que les vainqueurs, le Real Madrid de Zidane, le Manchester United de Sir Alex Ferguson ou encore le Brésil de Pelé pour ne citer qu’eux. Dans les livres d’histoire, ces noms sont marqués au fer-blanc, sous-lignés et surlignés. Mais on n’oublie souvent que ce qui fait l’histoire est souvent ce qui étonne, une équipe qui se relève, qui sort de nul part et n’abdique jamais : l’Ajax en Ligue des Champions récemment, la Juventus reléguée en
Serie B en 2006, les Pays-bas des années 70. Des équipes qui n’ont jamais rien gagné, mais qui ont marqué le cœur des supporters et des amoureux de football.

L’histoire que je vais vous raconter montre ce qui fait du Servette FC, un club historique. Mettons de côté le palmarès, les titres glanés, les joueurs légendaires, les épopées européennes, toutes plus belles les unes que les autres, qui certes contribuent, sans aucun doute, à l’image et au prestige du club, mais qui ne sont rien comparés à ce que je vais raconter.

Car c’est à travers les pires moments qu’on reconnait les gagnants, n’est-ce pas ce qu’on vous a toujours appris ? “Oui c’est un bon entraîneur mais il n’a jamais été dans une équipe qui n’a pas le niveau”, “Oui c’est une bonne équipe mais elle n’a jamais été mené au score”, “Oui c’est un bon joueur, mais il n’a jamais confirmé ailleurs”. Le compétiteur se relève, le
perdant reste à terre. On respecte celui qui s’impose aussi bien quand il gagne que quand il perd. C’est exactement ce qui s’est passé avec Servette en ce début de siècle. Le club a réussi là où beaucoup auraient échoué : il est revenu, alors qu’il était au plus bas.

Laissez-moi, alors, vous raconter la longue déroute du Servette FC des années 2000-2010, de la double faillite à l’Europe.

Tout allait bien…

Au sortir de la saison 98/99, le Servette remporte le championnat suisse pour la 17e fois face au Lausanne-Sport, l’éternel rival. Personne ne se dit alors que le club genevois ne va plus en gagner un suite à ça et que le club va bientôt disparaître des radars de l’élite suisse footballistique. Quelques mois plus tard, le club sous la houlette de Christian Hervé, du groupe Canal+, entame la construction d’un stade à la hauteur du prestige du club. Au revoir le Stade des Charmilles, bonjour le Stade de Genève. Malheureusement, entre 2000 et 2003, les comptes du club s’aggravent, le stade coûte cher, le budget n’est pas respecté, les joueurs ne reçoivent plus leur salaire et les lunettes d’illusions que portaient les dirigeants se brisent.

Le club qui en une saison a perdu le Stade des Charmilles et Alexander Frei (cf. Alexander Frei, meilleur suisse de l’histoire ?), mais aussi Canal+, le bénéficiaire majoritaire du club. De plus, on se rend compte aussi que les affluences prévues ne sont pas au rendez-vous : « Nous avions budgété une moyenne de 8000 spectateurs payants par match (avec les
abonnés) et sur un sponsoring en hausse. La moyenne s’est élevée à 6500-7000, avec les 30 000 personnes du match d’ouverture (15 000 payants). Une diminution de 1000 spectateurs coûte 25 000 francs à Servette par match. Quant au sponsoring, nous avons encaissé 30 à 40% de moins que prévu.
»1 (cf. Affluences des supporters grenats au fil des
époques.
).

Le Stade de Genève, partiellement rempli à son habitude…

À la trêve estivale, le responsable financier du club, Olivier Bull démissionne : «Je suis arrivé sous l’ère de Canal +, et les choses ont bien changé depuis. Les problèmes incessants de trésorerie rendent mon travail nettement moins intéressant. Je suis un financier d’un certain niveau, et dans la structure actuelle, je n’ai plus ma place ici. Pour gérer les dettes au quotidien, le club peut engager un «scribouillard» bien rigoureux. Je comprends la situation économique, je cautionne le travail de fond effectué, mais j’ai d’autres ambitions.»2

Pelé et Marc Roger

Pas le temps de se préoccuper, Marc Roger, agent de joueurs français, reprend le club. Il est connu pour être l’agent de plusieurs stars du foot tel qu’Anelka, Vieira, Makélélé, et même Ronaldo. Ceci va lui permettre d’attirer beaucoup de grands joueurs au club comme Karembeu, Moldovan, Valdivia ou Beauséjour.

Pour permettre de retrouver une sérénité financière, les joueurs acceptent de baisser leur salaire la saison suivante. Marc Roger souhaite aussi réaliser le plus de plus-value possible sur le transfert de jeunes talents du club comme Senderos à Arsenal, mais cela ne couvre pas toutes les dettes. Car en effet, Canal+ injectait 4 à 5 millions de francs par année dans le club pour boucher les trous et combler les dettes s’élevant à 7 millions de francs. Les derniers 2 millions de francs étaient avancés par les actionnaires. Les choix de Roger se sont avérés très aléatoires, et même s’il était un bon agent, il n’est pas devenu un bon dirigeant. Les résultats sportifs de Servette n’ont pas aidé le dirigeant et après une saison, le club est à nouveau en difficulté financière ce qui lui fait débuter le championnat 2004-05 avec 3 points de retard.

Au plus bas

Malheureusement, le club ne terminera jamais cette saison en Super League, car le 4 février 2005, le juge proclame la faillite de Servette, les M-21 devenant ainsi l’équipe première. Le club est alors relégué au statut d’amateur et est relégué en 1ère Ligue. Le club finit 14e de 1ère ligue, jouant contre Etoile Carouge, Chênois, Grand-Lancy ou UGS dont la moitié dans un Stade de Genève démesurément vide. Francisco Vinas, catalan actionnaire du club, reprend le Servette durant cette période difficile.

Toutefois, Servette n’y reste pas longtemps, puisque la saison d’après le club finit premier et rejoint avec Etoile Carouge la Challenge League. On est loin des Senderos ou Frei, mais des jeunes émergent comme Tibert Pont cette saison-là. Et puis en Coupe de Suisse, le club franchira quand même les quarts de finale en ayant éliminé Meyrin, Collombey-Muraz et Thoune avant de s’incliner à Winterthur.

L’euphorie de la montée et de la Coupe, nous ferait presque penser que cette faillite est du passé, que Servette va très vite remonter dans l’élite et que le pire est derrière.

C’est pourtant dans le ventre mou de Challenge League que Servette va passer deux saisons sans rien proposer de vraiment bien ni en championnat, ni en coupe. Au début de saison 2008-09, Francisco Vinas dépose sa démission au sein du club à la suite de la défaite du club contre le FC Bienne 1-5. De tous les présidents cités précédemment, c’est la première fois que ce n’est pas pour des raisons financières que le président quitte le club. Vinas a aussi nettement contribué à la rénovation du centre sportif de Balexert. Mais les supporters trouvaient en Vinas quelqu’un de trop prudent et lorsque le projet de Majid Pishyar est arrivé sur table tout le monde a été séduit.

“Magic” Pishyar

L’homme d’affaires iranien gérant de la compagnie 32group propose un projet d’investissement à long terme dans le club. Sa première saison en tant que dirigeant n’est pas optimale puisque le club finissait en bas de tableau et est éliminé assez vite en Coupe face à Concordia Bâle, mais c’est pardonnable, car il n’y a pas de temps d’adaptation encore. La saison 2009-10 est alors très encourageante, l’équipe finit 4e de Challenge League, franchit les ⅛ de Coupe de Suisse et le club enregistre cette année les arrivées de Christopher Mfuyi, François Moubandje et de Marcos de Azevedo.

Plus le temps avance, plus le projet de Majid Pishyar se concrétise, l’équipe reprend du galon de saison en saison. La saison 2010-11 est tonitruante avec 19 victoires et seulement 6 défaites durant l’exercice. Le club est la meilleure défense et attaque du championnat avec Eudis (16 buts), de Azevedo (14 buts), Vitkieviez et Esteban (12 buts). Malheureusement, le club ne décroche pas la première place, mais la deuxième signe de barrage. Servette affronte alors Bellinzone d’abord au Tessin. Au terme d’un match serré, le club tessinois décroche la victoire dans les dernières minutes.

Il faut alors un miracle pour le club grenat s’il veut retrouver l’élite suisse après 6 ans d’absence. Le 31 mai 2011, 20h15, devant plus de 23’000 spectateurs (première depuis l’inauguration du stade), Nikolaj Hänni donne le coup d’envoi du match. Boostée par des supporters très animés, Servette est au mieux de sa forme. 1-0 à la 11e, 2-0 à la 45e et 3-0 à la 56e, le public est en extase. Et même si Bellinzone revient à 3-1, les fumigènes éclatent, un gros brouillard s’installe, les supporters n’attendent que le coup de sifflet final. Et parmi les supporters, Majid Pishyar se ronge les ongles. Il est à quelques secondes d’accomplir l’exploit de remonter une équipe qu’on croyait finie. Sur une dernière contre-attaque servettienne, le dernier défenseur tessinois fauche l’attaquant grenat et voit rouge. Quelques secondes plus tard, l’arbitre libère les 22 acteurs et c’est les 23’000 spectateurs qui entrent sur le terrain qui célèbre cette ascension après une longue attente.

Majid Pishyar devient “Magic” et les supporters grenats saluent le dirigeant comme il se doit. Pour le coach Joao Alves: «Servette mérite vraiment cette promotion. (…) La Challenge League est trop petite pour eux.»3

Le coach Joao Alves et Majid Pishyar, les deux artisans de la remontée en Super League

Brève euphorie en Super League (2011-2013)

Le club est revenu dans l’élite suisse et cherche à reconquérir son statut de grand club. Première saison dans l’élite, Servette néo-promu, étonne tous les bookmakers et arrache une 4e place, signe de qualification en barrage d’Europa League. Alors l’histoire devrait s’arrêter là, n’est-ce pas ? Le club n’est plus au fond du trou, est à nouveau européen, que faut-il de plus ? Alors, comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, nous découvrons avec effroi que “Magic” Pishyar, devant la situation financière catastrophique du club, est très pessimiste quant à l’obtention de la licence de Super League pour la saison prochaine. Face à la menace d’une nouvelle faillite, “Tragic” Pishyar ne voit pas d’autre alternative que
de céder ses actions, pour 1 franc symbolique à Hugh Quennec, le président du Genève Servette Hockey Club.

Le Canadien, nouvellement président, se voit très optimiste sur l’avenir du club. Affichant toujours un grand sourire, il est très proche des supporters,
rejoignant à quasi chaque match à domicile, la Tribune Nord. Mais côté sportif Servette est au plus mal, éliminé en Europa League, le club enchaîne les défaites et plafonne à la dernière place. Rien n’y fait, avec seulement 26 petits points, le rêve de l’élite est terminé pour le club grenat au bout seulement de deux saisons. C’est la première fois que le club est relégué pour des raisons sportives.

Rebelote, on redescend

La saison 2013-14 est plus que moyenne, le club n’arrive plus à retrouver son standing habituel. L’effectif vieillit, la plupart qui ont joué contre Bellinzone il y a 2 ans sont partis, le recrutement sous Quennec n’est pas optimal à l’image d’un Jocelyn Roux en perdition. Le club ne fait pas mieux qu’une 5e place. Décevant.

La saison d’après est plus optimiste. Côté sportif, la formation helvète permet au club grenat d’aligner quelques beaux noms : Guillemenot, Zakaria, Kutesa. Le club se hisse à la 2e place derrière Lugano, qui n’est pas synonyme de barrage suite au retrait de cette règle en 2012 (réintroduite en 2019). Sauf que pour une énième fois, Servette va mal financièrement, 5 millions de francs de dettes sont à noter et Hugh Quennec n’obtient pas la licence pour la Challenge League de la saison prochaine. Le club est au bord de la faillite à nouveau et risque de tomber en 2e Ligue Inter. Un groupe d’entrepreneurs genevois arrive à la rescousse sous la bannière de la Fondation 1890 dirigée par Didier Fischer. La Fondation efface les dettes et met en place une structure financière sereine pour l’avenir. Le club est quand même relégué en 1ère Ligue Promotion. Pour Fischer : «Servette doit redevenir un grand club et briller»4

Et Servette brille !

Il n’a pas fallu plus d’une saison pour que le club quitte la 1ère Ligue Promotion. En 30 matchs, les grenats survolent la compétition portée par un Tibert Pont de haut niveau et un Vitkieviez de retour. En 2016, on assiste peut-être à la Challenge League la plus relevée depuis longtemps, avec un Xamax de retour (lui aussi en faillite en 2012), un Zürich relégué (anomalie pour une équipe de ce calibre) et Servette qui revient aussi. Les hommes de Meho Kodro finissent derrière les deux cadors à la 3e place. À noter que cette saison le club grenat bénéficie des services du grand Jean-Pierre Nsame, auteur de 23 buts en 31 matchs.

À la saison 2017-2018, Servette est cette fois devancé par Xamax. Il faut
attendre la saison 2018-2019, pour que Servette prenne ses responsabilités de leader. Alors que tous les bookmakers voyaient Lausanne remonter en Super League, les hommes d’Alain Geiger, nouvellement entraîneur, ne le voyaient pas de cet oeil-là. En 36 matchs, le club grenat empile 79 points et seulement 5 petites défaites. Meilleure attaque et défense du championnat, l’histoire a quand même voulu retarder la promotion du club jusqu’au match contre l’éternel rival : le Lausanne-Sport. Ceux contre qui Servette est descendu en 2012, ceux contre qui en 1999 Servette a gagné son dernier titre de champion suisse. Servette décroche sa promotion le 10 mai 2019, à la Praille, sous le score de 3-1.

La suite de l’histoire, vous la connaissez : Servette retrouve la Super League galvaude la 4e (2019-20) et 3e place (2020-21), se qualifie deux fois pour l’Europe (Europa League et Conference League), le club atteint la demi-finale de Coupe de Suisse en 2021, une première depuis le sacre en 2001. Il n’y a pas à dire : Servette brille depuis !

Alors, il paraît presque aujourd’hui égoïste, d’un point de vue externe et récent, quand on entend les fans se plaindre de la situation actuelle du club. Mais au vu de ces 20 dernières années, le supporter grenat a vécu de véritables montagnes russes et on peut comprendre la peur de certains vis-à-vis d’une nouvelle contre performance du club. Cependant, financièrement, le club semble avoir repris nettement du galon depuis l’arrivée de la Fondation 1890 et côté sportif, Servette semble posséder un effectif à la hauteur de la division. Ainsi, quand vous regardez un match de Servette à la TV ou au stade, observez aussi l’évolution qu’on a parcouru, de Marc Roger à Pascal Besnard, de Sébastien Fournier à Alain Geiger, de Jocelyn Roux à Gaël Clichy et appréciez ce qu’est redevenu aujourd’hui le Servette Football Club. Un club historique dont même l’argent n’a pas réussi à le faire couler.

Post Tenebras Lux!

1LE SERVETTE FC S’ENFONCE DANS LA CRISE, Le Temps, Publié jeudi 10 juillet 2003

2 ibid.

3SERVETTE REVIENT EN SUPER LEAGUE!, RTS Sport, le 1er juin 2011

4«SERVETTE DOIT REDEVENIR UN GRAND CLUB ET BRILLER», Tribune de Genève, le 20 juillet 2019