Pour cette saison 2000-2001 l’objectif déclaré des dirigeants servettiens est de décrocher une place européenne. Pour ce faire ils ont engagé un entraîneur qui n’a pas une grande expérience mais qui jouit dune grande aura de sympathie auprès du public genevois puisqu’il a été durant plusieurs saisons le meneur de jeu de l’équipe.

De plus son jeune parcours d’entraîneur force le respect puisqu’il a non seulement réussi à monter la modeste équipe d’Yverdon en LNA mais aussi à la maintenir brillamment dans l’élite en la qualifiant pour le tour final. Son nom : Lucien Favre.

Si à la tête de son club de cœur (il est membre d’honneur de la Section Grenat)  ses débuts d’entraîneur furent plutôt mitigés Servette réussissant certes à se qualifier pour le tour final mais terminant le championnat en roue libre c’est en Coupe de Suisse que les Grenats vont faire parler d’eux.

 Après des premiers tours sans encombre les choses sérieuses débuteront au stade des quarts de finale.
 
Les hommes de Favre sont en effet appelés à se rendre à Berne pour y affronter une ambitieuse équipe de LNB : Young Boys, qui entraînés par un autre ex joueur servettien, Marco Schällibaum allaient quelques mois plus tard réussir leur retour dans l’élite.

Tout commence bien pour les hommes de Favre qui ouvrent le score dès la 5ème minute par l’intermédiaire de Martin “Come on” Petrov mais peu après les Grenats se font rejoindre au score et souffrent
le martyr dans un match dont la décision se fera finalement à la loterie des tirs au but. Une séance de tirs au but qui commence plutôt mal pour les Grenats qui ratent leur premier essai mais Eric Pédat fera le nécessaire par la suite pour détourner deux tirs au but bernois.

La pression est terrible pour le dernier tireur genevois, Wilson Oruma dont le pied ne tremble pas au moment d’envoyer son équipe en demi-finale.
 
Cette demi-finale aura lieu au Stade des Charmilles face au champion suisse en titre, Saint-Gall. Et entre les deux équipes c’est une partie d’échecs extrèmement prenante jusqu’à ce que le buteur maison, Alexander Frei que Lulu avait fait venir de Lucerne durant la pause hivernale en l’échangeant contre son presque homonyme et lui aussi chasseur de buts Alexandre Rey ne marque le but libérateur à moins de dix minutes de la fin.

Servette tient sa finale, la première depuis cinq ans et une défaite mortifiante face à Sion. Clin d’œil du destin l’adversaire proposé aux Grenats pour cette finale, la toute première disputée au Parc Saint-Jacques n’est autre qu’Yverdon l’ancien club de Lulu (et de Christophe
Jaquet) qui sans son mentor vaudois n’aura pu éviter la relégation.

Et une fois de plus le sens tactique de Favre fera merveille. Articulé en 4-3-3 Servette trouvera assez tôt la faille par Johann Lonfat. Yverdon croira peu après être revenu au score grâce à un but de… Loïc Favre, le fils de Lulu mais cette réussite sera annulée par l’arbitre pour une peu évidente position de hors-jeu.

Dès lors plus rien ne peut stopper la marche triomphale de Servette et à la 29ème minute Martin Petrov marque son tout dernier but en grenat avant que l’inévitable buteur Alex Frei ne scelle le score en deuxième mi-temps, donnant ainsi le coup d’envoi d’une magnifique épopée européenne qui verra la saison suivante Servette atteindre les huitièmes de finale, s’inclinant face à Valence après avoir sorti en automne des équipes prestigieuses telles que le Real Saragosse et le Hertha Berlin.

Rédigé par: Antoine Bernheim

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