Servette se rend mercredi soir à Lugano (20h30) pour un match qui s’annonce crucial. Entre la fatigue du duel contre Thoune, les absences importantes, les interrogations des supporters et les ajustements tactiques en cours, les Grenat se présentent au Cornaredo avec la volonté de prouver qu’ils avancent malgré les turbulences.
Un dernier match éprouvant… sur le terrain et en tribunes
Dimanche dernier, Servette a dû livrer un combat intense face à Thoune. Les Bernois ont imposé un rythme élevé, mettant en lumière un manque de fraîcheur, des transitions défensives fragiles et un réalisme offensif parfois insuffisant.
Mais l’image marquante de la soirée est venue des tribunes : une banderole affichant « Saison décevante, tarif évolutif, tribune nord à moitié vide, SFC quel est le projet ?». Un message direct, révélateur d’un malaise croissant.
Gourvennec répond : “C’est une saison de reconstruction”
Interrogé sur cette banderole, Jocelyn Gourvennec a livré une analyse franche et détaillée :
• La saison a débuté dans la difficulté, avec une campagne européenne ratée, un début de championnat manqué, puis un changement d’entraîneur en août.
• Le projet actuel repose sur l’intégration des jeunes, l’arrivée de sept nouveaux joueurs et une équipe qui avance par étapes, parfois irrégulières.
• “L’intégration ne se fait pas en claquant des doigts”, rappelle-t-il.
• Il insiste sur la nécessité de retrouver régularité, confiance et maîtrise pour éviter de “se perdre dans le jeu”.
• Il reconnaît que “de l’extérieur, cela peut être difficile à voir”, mais assure que le groupe évolue réellement.
• Il ne cache pas ses ambitions : “J’aimerais qu’on gagne plus, qu’on prenne plus de points, qu’on marque davantage tout en encaissant moins.”
Le coach affirme que le travail est en cours, parfois dans l’ombre, et que le club sait que les supporters veulent revoir Servette au sommet rapidement.
Le choix du 3-5-2 : un pragmatisme assumé
Concernant la tactique, Gourvennec a expliqué son choix du 3-5-2 :
• Avec l’effectif actuel, c’est selon lui le système le plus prolifique.
• Cela implique des ajustements, notamment Bradley Mazikou repositionné en défense centrale, un rôle inhabituel mais nécessaire.
• En contrepartie, ce schéma permet de replacer Stevanovic au cœur du jeu, où son influence est maximale. Un choix assumé, pensé pour optimiser les forces disponibles.

Mazikou : “Le collectif doit primer”
Bradley Mazikou, également interrogé sur son repositionnement, a tenu un discours humble et collectif :
• Il affirme que le collectif passe avant tout, et qu’il se sent bien dans ce rôle, malgré le fait qu’il soit naturellement meilleur comme arrière gauche.
• Il souligne avoir la pleine confiance du coach, ce qui facilite son adaptation.
• Concernant son avenir, il se dit heureux à Genève, proche du staff, des coéquipiers et des supporters.
• Sur ses performances offensives, il reconnaît parfois ne pas tenter sa chance dans les derniers mètres. Il nous confie qu’il avait même demandé à son ancien coéquipier Dereck Kutesa s’il pensait qu’il allait marquer cette saison.
• Mazikou assure qu’il mettra “du cœur à l’ouvrage” pour atteindre cet objectif. Sur le match de demain, il se montre confiant : “On est prêts à faire une belle performance et ramener les trois points. Le coach a préparé le match de manière convaincante malgré les absences. À nous de rester concentrés et de ne pas nous perdre dans le jeu.”
Entre la pression sportive, les attentes des supporters et un adversaire difficile à manœuvrer, ce déplacement ressemble à un révélateur. Servette a l’occasion de montrer qu’il progresse réellement, malgré les doutes. Une victoire demain serait un signal fort, autant pour le classement que pour l’atmosphère autour du club.
Photo: Maxime Sallin

