Encore, encore et encore… Encore une défaite difficile à encaisser, encore un arbitrage contestable, et encore un match à jouer une mi-temps sur deux.
La vérité est la meilleure des excuses, et la vérité est que de se réfugier derrière un arbitrage – certes pas en notre faveur – est un aveu de faiblesse et une déresponsabilisation quant à nos manquements. Aurions-nous perdu les deux matchs contre St Gall, le match contre Zurich et fait deux nuls contre Neuchâtel en ayant joué pendant 90 minutes lors de chaque match ? Si nous n’avions pas été tout le temps dans la réaction ? Assurément non. Alors oui, la défaite est clairement imméritée par rapport à ce qu’ont montré les deux équipes. Oui, notre deuxième mi-temps était encourageante. Mais il faudra maintenant rééditer cette performance sur 90 minutes et nous pourrons, de nouveau, regarder vers le haut.
Il faudrait, à un moment ou à un autre, analyser nos performances sans se cacher derrière un arbitre mauvais, des joueurs adverses qui essaient de gagner du temps, nos joueurs qui n’auraient pas encore tous compris qu’ils sont maintenant en Super League… Le florilège d’excuses entendues ci et là depuis près de deux mois maintenant ne convainc plus.
L’objectif n’est pas de désigner un coupable qui paiera pour tout le monde, mais de bien cerner les responsabilités de chacun pour que l’équipe et le staff puissent corriger les points négatifs. Il ne nous manque certainement pas grand-chose pour pouvoir jouer un rôle plus intéressant que celui qui est le nôtre depuis la fin du moins d’aout : un attaquant digne de ce nom et un milieu de terrain qui puisse vraiment tenir la baraque. Ondoua pourrait être celui-ci, mais il faudrait pour cela qu’il retrouve son niveau de jeu des premiers matchs.
Quant à l’attaquant… Aucun n’est convaincant en pointe, seul Schalk arrive à tirer son épingle du jeu lorsqu’il est aligné en soutien, sur un côté. On ne va pas enterrer Kyei, son match contre St Gall était d’ailleurs meilleur que ses précédentes sorties, mais il paraît tout de même relativement limité pour prétendre à une place de titulaire en Super League. Chagas prouve à chacune de ses rentrées qu’il ne peut clairement pas ambitionner plus qu’un rôle de joker. Le club n’a pas dépensé de sous sur le marché des transferts cet été, il serait peut-être de bon ton de mettre un peu d’argent sur un attaquant cet hiver.
Je ne me risquerai pas non plus à demander la tête de Geiger. Son statut d’ancien du club et de légende du foot suisse, le travail réalisé la saison passée, notre jeu tout en spontanéité à 1, 2 touches de balle et notre début de saison lui donnent un supplément de crédit dont ne pouvaient pas se targuer un Kodro ou un Cooper. Autant de preuves que notre coach, s’il n’a peut-être pas le génie tactique d’un Bielsa, a en tout cas les capacités pour nous maintenir. Devrait-il évoluer dans son management ? Surement. Son attitude dans son rectangle, le plus souvent debout les bras croisés, n’insuffle pas forcément l’énergie la plus positive à ses joueurs, mais il ne sera jamais non plus un Diego Simeone… Et au final, toutes ces considérations seront oubliées après une série de bons résultats.
On veut croire que notre coach trouvera des solutions d’ici samedi et la guerre de Tourbillon pour nous ramener les trois points et se donner le répit qu’il mérite. Si il y a un coach dans notre récent passé qui connait l’importance de ce match, c’est lui. Nul doute qu’il transmettra aux joueurs la hargne, la faculté de souffrir pour l’autre et l’envie nécessaire et obligatoire pour un tel match.
Une victoire qui parait indispensable pour nos joueurs, avant d’aborder un mois de novembre compliqué (réceptions d’YB et Bâle, déplacement à Lucerne) dans les meilleures conditions. Un succès dans le derby étant souvent galvanisateur et tout autre résultat étant considéré comme un échec, face à une équipe qui reste sur 4 défaites consécutives et dont une nouvelle contre-performance coûtera certainement la tête d’Henchoz.
Pour la première fois cette saison, Alain Geiger opte pour la première fois pour un 3-4-2-1 avec le retour de Iapichino sur l’aile gauche et Sauthier positionné à droite. Choix étonnant quand on sait que l’on joue face au 3ème du championnat qui carbure bien depuis quelques matches et que l’équipe n’avait jamais eu l’habitude de débuter ainsi. Le meilleur joueur valaisan du siècle voulait-t-il s’inspirer de Petkovic qui a aligné ce système mardi soir sur cette même pelouse ?
Les occasions :
Les 2 premières grosses occasions du match sont les deux coups francs avec, dans un premier temps, la tête de Sasso, puis celle de Rouiller. Les deux ne croisent pas assez leurs tentatives, n’inquiétant pas vraiment le portier adverse. Puis, sur une récupération des saint-gallois dans notre partie de terrain, ils réussissent à ouvrir la marque sur leur première occasion. Ensuite très peu de mouvement et de situations dangereuses hormis quelques coups de pieds arrêtés. Enfaite, jusqu’à la 75’ sur un centre qui ne donne rien, les grenat ne se procure pas d’occasions venant du jeu. Il faut attendre la 86’ et le tir d’Imeri pour voir le premier tir cadré venant d’une action construite. On le disait déjà dans le bilan du 1er tour, il est d’autant plus évident désormais. L’équipe ne produit que très peu, voire pas du tout d’occasions venant du jeu. Une constatation pour appuyer ce fait : l’équipe se montre plus dangereuse sur coups de pieds arrêtés que dans le jeu. La preuve avec le but de Tasar.
Le but servettien :
Venons-en à ce but. Il intervient à la suite d’un corner qui n’est pas dégagé correctement pas la défense des Suisses orientaux. Il tente sa chance et réussi à placer le ballon hors de portée du gardien sur une frappe puissante à l’extérieur de la surface. C’est le quatrième but inscrit cette saison par Servette à la Praille et c’est tout simplement le quatrième marqué à la suite d’un coup de coin !
Le jeu st-gallois :
Redoutablement efficace, ils se sont montrés plus dangereux que les Grenat. Un maximum de réussite pour une équipe en pleine confiance et qui réussit à peu près tout ce qu’elle entreprend, avec de la chance en plus. Effectuant un pressing très poussé à certains moments du match, ils ont récupéré des ballons puis cherché directement la verticalité pour mettre en danger les servettiens.
Le hors-jeu :
Plusieurs débats autour du hors-jeu de Schalk sur le but de Iapichino. Suivant les angles de vue et les lignes faites par les logiciels des chaînes TV, il est difficile de tirer une conclusion certaine. Néanmoins, ce qui est frustrant, c’est de ne pas voir l’arbitre consulter la VAR par lui-même et prendre la décision. Comme si la position de hors-jeu était évidente et qu’il n’y avait pas matière à vérifier pour ce but.
Les tops :
Incontestablement Iapichino, qui a d’ailleurs été nommé homme du match par les supporters servettiens. Il est aussi dans l’équipe type de la semaine dans le Blick. Son retour aura fait du bien au jeu servettien, apportant sa qualité technique et du mouvement offensif. Tasar qui aura été le grenat plus remuant et avait l’air tout de même plus à l’aise sur son côté droit même s’il aura perdu quelques ballons.
Les flops :
Kyei vraiment décevant. Très peu de mouvement et d’appels de balles. Il est court sur la plupart des passes faites par ses coéquipiers. Courant très peu, il est seulement sorti à la 86ème !
Malgré la trêve internationale qui aura vu la Nati ”bousillé” notre pelouse labélisée Rolls Royce (c’est plutôt la Fondation du Stade qui l’a pulvérise à longueur d’année), Servette ne semble toujours pas être sorti de sa spirale négative. Ce n’est pas faute d’avoir essayé aujourd’hui mais quand la malchance se joint à votre malheur…
Cette malchance qui commence à faire des siennes dès la 7e minute avec cette réussite Demirovic qui bénéficie d’un contre favorable sur Routis pour s’en aller ajuster Frick et mettre les Brodeurs sur orbite. Malgré un nouveau dispositif (3-4-2-1) et une belle tête de Rouiller, Servette n’arrive pas à rivaliser avec des Saint-gallois qui mènent logiquement à la marque à la pause. Alain Geiger effectue alors des ajustements tactiques durant l’entracte mais à peine un tour d’horloge en deuxième mi-temps, ce diable de Demirovic profite d’une erreur à mi terrain puis d’un bon travail de Ruiz pour y aller de son doublé. Les servettiens semblent K.O….
Mais on a bien employé le terme ”sembler”. On approche de l’heure de jeu lorsque sur un corner dégagé par la défense des visiteurs, Varol Tasar déclenche une frappe aux abords des 16 mètres et relance les Grenat dans la rencontre. C’est ce fait de jeu qui va lancer le match des genevois. Ils vont même revenir à 2-2 par l’intermédiaire du revenant Iapichino. Du moins le croit-on pendant 5 secondes, car comble de malchance encore une fois, la VAR interviendra pour un hors-jeu dont on n’a pas fini d’entendre parler. Le Servette FC repart de plus belle mais ne trouvera pas la faille une seconde fois malheureusement. On peut toutefois avoir des certitudes avant le déplacement du côté de Tourbillon.
Les notes
Frick : 6,5
Il ne peut strictement rien sur les deux buts encaissés. En revanche, il a permis à l’équipe de rester dans la rencontre en effectuant son travail. Seul point négatif : sa lenteur sur ses relances.
Sauthier : 5,5
On a clairement ressenti l’absence de Stevanovic dans les phases offensives.
Alors que les féminines vont visiter samedi les bords du lac de Constance, l’équipe masculine, quant à elle, reçoit les Brodeurs dans son antre du Stade de Genève dimanche sur les coups des 16 heures. Après s’être inclinés le 21 septembre sur le score de 1-3 au Kybunpark, ils tiennent bien à prendre leur revanche devant leur public
La rencontre :
Alors que les Grenat se déplaçaient du côté de la Maladière il y a deux semaines (pause internationale oblige), ils n’ont pas réussi à empocher 3 points qui leur tendaient les bras. Ils avaient pourtant bien commencé la rencontre en ouvrant le score à deux reprises sur des réalisations de Varol Tasar et Gaël Ondoua, tous deux marquant leur premier but sous leurs nouvelles couleurs, en moins de 20 minutes. Les très nombreux supporters genevois qui ont fait le déplacement pouvaient alors se réjouir et apercevoir une lueur de victoire tant attendue en terre neuchâteloise. Cependant, dès le retour des vestiaires, un moment de flottement permet à Gaëtan Karlen de réduire le score (1-2). A la 78ème, un nouveau fait de jeu fera polémique pour le Servette FC, comme d’habitude avec certains arbitres mais surtout l’inévitable Raphaël Nuzzolo (à se demander pourquoi il ne joue pas les Azzuris) qui grâce à son talent de comédien permet de prendre l’ascendant sur Horisberger qui montre le point de penalty. Les dix dernières minutes sont très intenses dans le jeu, mais ce sera le service retour du match à Genève. Score final 2-2 et des genevois qui stagnent à la 6ème place mais gardent une avance de 3 points sur la place de barragiste, détenue par Xamax. L’équipe emmenée par Alain Geiger avait commencé le championnat par une splendide performance au Wankdorf pour obtenir le nul (1-1) et la première victoire était arrivée lors de la 3ème journée, pour l’instant ils ont réitérés la même performance qu’à Berne en prenant un point à la Maladière et bien que je pense que tous les Grenat souhaitent bien sûr une victoire à Tourbillon face aux ennemis de toujours, il serait malgré tout judicieux de prendre de la confiance en ramassant des points et ce dès ce week-end.
L’adversaire du jour :
Depuis leur défaite concédée à Zürich sur le score de 1-2, les brodeurs sont invaincus. Ils ont donc battu coup sur coup Servette, Sion, Thoune puis ont fait match nul face à Bâle. Avec 17 points en 10 rencontres, ils se classent à une bonne troisième place et comptent 6 points de retard sur l’actuel leader, le FC Bâle. Ce n’est d’ailleurs pas une surprise de les voir aussi bien classés puisqu’ils évoluent pour la 8ème saison consécutive en Super League et bien qu’ils se situent souvent entre la 5ème et la 7ème place, ils se retrouvent donc sur la 3ème marche du podium, ce qui fût leur meilleur résultat, lors de la saison 2012-2013, année de leur montée après avoir remporté la Challenge League. Ils ont remportés à 2 reprises le championnat de Suisse en 1904 et en 2000 ainsi qu’une coupe nationale en 1969 pour 4 finales. Cette saison ils peuvent compter sur un Cédric Itten plutôt en forme avec 4 buts et 1 assiste en 9 rencontres disputées, ce qui le place à la 4ème place des meilleurs buteurs. Ce sera également le retour de deux anciens joueurs genevois puisque Vincent Rüfli a rejoint le club en provenance du Paris FC, lui qui a évolué entre 2008 et 2013 au Servette FC et également le jeune Jérémy Guillemenot qui avait rejoint les rangs de la Masia en 2016. Après des expériences au CE Sabadell FC (3ème division espagnole), puis en Bundesliga autrichienne dans les rangs du SK Rapid Wien, il est retourné en Suisse cet été et a déjà inscrit 1 but et délivré 3 passes décisives en 9 rencontres. Il était temps pour lui de confirmer après s’être perdu en Catalogne (n’y voyez ici aucun soutien politique chers lecteurs).
L’équipe de l’ancien servettien pourra s’appuyer sur une statistique en leur faveur puisqu’en 7 venues des Saint-gallois depuis l’ouverture du Stade de Genève en 2003, ils se sont imposés à 4 reprises, 2 nuls et une seule défaite qui remonte au 15 février 2004 sur un doublé de Fabrizio Zambrella et une réalisation de Mohamed Kader pour une victoire genevoise sur le score de 3-1.
Le dernier match :
Le Servette FC s’était liquéfié dans son stade le 13 avril 2013 devant ses 6’062 spectateurs. Les Grenat ont été corrigés 3-1 par les Brodeurs lors de la 27ème journée de Super League.
Totalement absents en début de partie, les Servettiens ont courbé une première fois l’échine dès la 3e sur un corner de Wüthtrich repris de la tête par Besle. Le 2-0 est tombé à la 9e sur une action initiée par Wüthrich (qui avait déjà marqué un but lors de chacun des trois derniers matches) et conclue par Scarione. Sur cette phase de jeu, la défense genevoise s’est montrée d’une naïveté (Mfuyi) et d’une passivité (Schneider et surtout Diallo) impensables.
N’ayant pas su revenir au score malgré quelques opportunités (gros raté de Karanovic à la 14e et frappe de De Azevedo claquée par Lopar en corner à la 33e), le SFC a encore plié, à la 60e, devant un Etoundi bien servi par Nushi. Le but signé Eudis à la 77e n’a été qu’anecdotique.
Les Servettiens comptent aller chercher une victoire qui les fuit depuis quasiment 2 mois afin de préparer au mieux le déplacement à l’étable la semaine prochaine. TOUS AU STADE !
Bilan sportif : 2 victoires, 5 nuls et 3 défaites pour un total de 11 points et une 6ème place au classement.
1. Le recrutement
Le 22 mai 2018, Bonneau est nommé en tant que responsable du recrutement. Plus de 20 ans d’expérience au sein de l’OL. Incontestablement, il s’agit d’un tournant pour le club d’avoir une personne avec autant d’expérience de haut niveau au sein de la maison servettienne.
Pour démarrer la saison 2019-2020 dans l’élite du football suisse, la direction veut renforcer sa « colonne vertébrale ». De ce fait, Sasso, Ondoua, Kyei apportent de l’impact physique et pour étoffer l’effectif, Goncalves et Souici sont aussi arrivés. Tasar signe pour prétendre à un poste de titulaire en tant qu’ailier gauche. Toutefois, il jouait sur le côté droit à Aarau, ce qui lui permettait de rentrer sur son pied gauche dans l’axe du terrain. La faute sans doute à un Stevanovic indéboulonnable sur le côté droit. On peut tout de même s’interroger sur la capacité de ce dernier à s’adapter à un poste d’ailier gauche étant donné que le joueur est à l’aise des deux pieds. Lang étant blessé et Cognat jouant dans l’axe, nous commençons la saison sans remplaçant sur les ailes. C’est, sans doute, la première erreur du club quand on sait qu’il y aura des blessés, de la fatigue et des suspendus sur 36 matchs de championnat. Il aurait donc fallu recruter davantage à ce poste avec des profils de joueurs rapides et techniques. On y reviendra plus tard.
Au-delà de cette décision, le recrutement est, dans l’ensemble, correct et suit un plan logique. On sent que chaque profil est ciblé en fonction de l’âge, du pied fort et surtout des qualités qu’ils peuvent apporter à l’effectif. Tout ça sans dépenser le moindre franc en recrutant des joueurs en fin de contrat (sauf le transfert définitif de Cognat). La durée des contrats est relativement intelligente excepté peut-être les 3 ans proposés à Kyei. Cela lui laisse le temps de nous faire démentir. Certains se fondent rapidement dans l’effectif : Sasso, Ondoua et Cognat notamment. En revanche Kyei et Souici n’ont pas encore convaincu. Le premier semblant limité techniquement et le second discret sur le terrain mais offrant cependant une polyvalence intéressante aux postes de milieu et défenseur. Goncalves fait son job dépannant comme latéral gauche alors qu’il est droitier. En définitive, voici un récapitulatif des arrivées et l’évaluation, selon nous, de chaque joueur jusqu’à présent.
Tops
Flops
Mitigés
Sasso
Kyei
Ondoua
Cognat
Souici
Goncalves
Tasar
2. Le jeu, la possession, mais pas de tir
Au début de saison, Geiger le répète : « nous produirons du jeu ». Ainsi, l’élite du football suisse découvre une équipe ambitieuse qui n’a pas froid aux yeux jouant avec culot et tenant tête aux ogres YB et Bâle (malgré la défaite). Par la suite, cet élan s’est estompé, les blessures se sont enchainées, donnant place à un jeu stéréotypé produisant peu d’occasions concrètes à la clef. Les grenat perdent leur identité et ne dégagent plus cette arrogance qui dérangeait les autres. Alors oui, l’équipe a souvent la possession, mais avoir la balle ne suffit pas pour gagner dans le football. Peu de danger et de mouvements offensifs dans les 35 derniers mètres. La preuve, l’équipe totalise 5 tirs cadrés venant du jeu durant cette période (hors coups de pied arrêtés) en 4 matchs de championnat. Un bilan insuffisant pour engranger des points contre des adversaires pourtant à notre portée. Rageant d’autant plus lorsqu’on situe le niveau de la ligue, car on se dit qu’il y avait bien mieux à faire que 2 points en 4 matchs.
Cela a échappé à beaucoup de supporters, journalistes et spécialiste de football compris. L’équipe a joué 2 matchs sans véritable ailier gauche créant un déséquilibre dans l’organisation de l’équipe (contre Lugano et Saint-Gall). Sans doute une des raisons principales qui explique le manque de mouvement offensif et le peu de tirs cadrés. On le disait dans la partie du recrutement, le manque de profondeur au poste d’ailier aura couté des points précieux aux grenats. Facile à contrer et à bloquer pour les adversaires, étant donné que le danger ne pouvait venir que d’un côté. De plus, le côté libre laisse plus d’espace à l’adversaire pour attaquer et se créer des situations dangereuses. Voici un aperçu de la composition du match contre Lugano :
Geiger opte pour un 4-4-2 en losange resserré dans l’axe. Sur le papier, tout est symétrique, mais une fois sur le terrain les joueurs auront des rôles se rattachant à leurs caractéristiques. Stevanovic jouant un cran plus haut pour occuper son côté droit et Ondoua reculant au côté de Cespedes dans l’axe. De ce fait, un espace vide se forme (rond jaune) laissant le côté gauche libre à Goncalves ou Severin qui auront eu du mal à apporter du danger étant donné qu’ils se trouvaient esseulés. Contre Zurich, le schéma tactique est resté identique. Seuls Koné et Severin remplacent Kyei et Goncalves. Un schéma tactique étrange et peu commun à se demander s’il s’agissait d’une volonté de Geiger ou d’une mégarde de sa part.
4. Le Chagas Bashing
Durant la saison 2018-2019, il a été le meilleur buteur du club et du championnat de Challenge League malgré son temps de jeu très faible et son rôle de « joker ». Difficile d’expliquer pourquoi Geiger ne compte que très peu sur lui surtout si l’on compare le temps de jeu accordé aux autres joueurs offensifs. Un problème personnel avec lui ? Une obstination à en faire un joueur qui n’a pas le niveau ? Plusieurs fois non convoqué, il n’a pas vraiment eu le temps de jeu (seulement 203’ au total) et la confiance nécessaire pour prouver qu’il avait sa place. Un traitement dur et injuste quand on parle du joueur qui a marqué 15 buts la saison passée (14 en championnat !) et qui a grandement contribué au retour du club dans l’élite. Aucun autre joueur dans l’équipe ne rivalise avec ces chiffres. Les statistiques ne disent, certes, pas tout, mais évoquent tout de même une certaine régularité et une redoutable efficacité pour un attaquant. N’est-ce pas finalement ce que l’on demande à un avant-centre ?
Un aperçu de ses statistiques incroyables, durant ses 3 dernières saisons à Servette et à Rapperwil :
Les matchs se suivent et les performances se ressemblent depuis maintenant près d’un mois et demi. Productions indignes, résultats médiocres… Nous sommes clairement dans le dur et la trêve internationale tombe, encore une fois, à point nommé. En espérant que le retour des blessés et l’orgueil de nos joueurs nous apportent d’autres résultats, cette fois-ci. Et pendant ce temps-là, nos M21 ont gagné leur 9è rencontre… sur 9.
45è minute de jeu, M. Horisberger siffle la mi-temps d’un match qui, si nous ne le dominions pas de la tête et des épaules, sentait bon les trois points. Ambiance de feu dans le secteur visiteur dans un stade où nous évoluions clairement à domicile (ahhh qu’il est dur d’être supporter Neuchâtelois ou Lausannois), premiers buts d’Ondoua et de Tasar, aucune grosse occasion pour les rouge et noir… 2-0 en notre faveur à la mi-temps, mais la désagréable sensation que nous aurions pu en faire beaucoup plus et qu’avec un brin de réussite supplémentaire (Koné…) nous aurions pu atteindre la pause avec un avantage plus conséquent.
Le souvenir du scénario du match aller ainsi que nos derniers résultats ne nous poussaient donc pas à un optimisme béat avant d’attaquer la deuxième mi-temps. Et la réduction du score rapide des Neuchâtelois sur l’un des buts gags de l’année aura fini de nous convaincre que ne pas perdre ce match serait surement, connaissant notre manque de caractère et d’esprit de révolte, pas un mauvais résultat… Nous ne nous étions donc pas trompés.
Nuzzolo
On connait le goût de la provocation qui caractérise Raphaël Nuzzolo, cet homme de petite vertu et qui ne manque jamais une occasion de nous le rappeler. Après sa provocation devant la Tribune Nord au match aller, sa grotesque simulation de samedi ne pouvait que plaire à M. Horisberger qui s’empressa de siffler pénalty, que ce brave Raphaël se fit un plaisir de transformer. Alors non, la majorité d’entre nous n’appécie guère Nuzzolo, qui fait partie de cette catégorie de joueurs détestés par tout supporter d’équipe adverse. Il n’empêche qu’il est tout à fait le type de joueur qui manque cruellement à notre équipe : grande gueule, leader dans l’âme et redoutable finisseur, contrairement à nos avants.
Arbitrage
« Aucune excuse ne sera acceptée pour justifier une nouvelle contre-performance » écrivais-je la semaine passée pour clôturer mon billet d’humeur hebdomadaire. Et effectivement, je me refuserai de retenir l’arbitrage pour justifier notre match nul de samedi. Parce que non, nous n’aurions jamais dû se mettre à douter et jamais dû encaisser ce 2-2. Tout simplement car en ayant mieux joué, en ayant été plus réaliste, le score à la mi-temps aurait dû être plus sévère et les chances de Neuchâtel de revenir quasiment nulles.
«L’arbitre a été le plus mauvais acteur du match» dixit notre coach à la fin de la rencontre. Il n’aura pas eu totalement tort, même si on ne pourra pas dire que nos 11 joueurs et notre coach auront été meilleurs sur la deuxième mi-temps. M. Horisberger pouvant même faire valoir l’excuse de la première en Super League, contrairement aux servettiens…
Les supporters Grenat
Un secteur visiteur archibondé, des maillots grenat disséminés un peu partout dans le stade, une ambiance de feu durant 75 minutes… Les plus de 500 supporters Grenat auront encore une fois été à la hauteur de la Super League, contrairement à nos homologues neuchâtelois et, c’est plus dur à écrire, à nos joueurs. Chants repris par tout le secteur, drapeaux, gros craquage de fumigènes en début de match et à la 60è minute, tout l’arsenal a été sorti pour ne pas laisser d’espoir aux quelques braves supporters neuchâtelois.
Si les 22 acteurs se seront quittés sur un match nul, nos supporters seront donc partis de la Maladière en ayant infligé aux rouge et noir un KO d’une rare violence au niveau de l’ambiance. Des supporters rouge et noir qui, même s’ils fusionnaient un jour avec les pêcheurs du Lac de Genève, ne pourraient toujours pas rivaliser.
Place donc maintenant à une trève internationale qui devrait nous permettre de récupérer plusieurs blessés (Lang, Iapichino, Busset) et Micha après son match de suspension, de permettre à Kyei de pouvoir travailler sa forme et ses automatismes avec ses coéquipiers. Pour un premier but en Grenat face aux Brodeurs samedi 20 ? L’optimisme ne tuant pas, on va tâcher de l’être car après les verts de Suisse orientale viendra le déplacement attendu par tout Servettien qui se respecte, dans la boue, l’odeur de pisse, de bouses et d’alcool frelaté à l’eau sans iode. Avant de commencer un mois de novembre qui nous verra accueillir YB et Bâle et nous déplacer à Lucerne.