Une fin de saison pour poser les bases

À l’heure d’aborder le dernier virage de la saison régulière, le Servette FC avance sans pression immédiate, mais avec une ligne directrice claire. Assuré, sauf improbable scénario, d’éviter toute frayeur, le club grenat n’échappera en revanche pas aux regrets. Entre ambitions manquées et reconstruction en cours, l’heure est à la lucidité… et à la projection.

« Finir le plus haut possible »

Du vestiaire au banc, le discours converge. « On n’a pas atteint les objectifs du début de saison », reconnaît Jérémy Frick. Dès lors, l’enjeu est ailleurs : terminer du mieux possible, idéalement à la 7e place.

Un objectif modeste, mais loin d’être anodin. « Si tu termines mal, la reprise est compliquée », glisse le portier, conscient de l’importance de la dynamique. Même son de cloche du côté de Jocelyn Gourvennec : « Il faut respecter le travail accompli et bien finir la saison. »

Une saison compliquée

Pour Frick, cet exercice restera comme l’un des plus éprouvants. Freiné par des blessures à répétition — dos, fessiers —, le gardien a vécu une longue traversée du désert. « Ce n’était pas une période facile », confie-t-il.

Revenu récemment, il se dit aujourd’hui prêt à enchaîner, avec une motivation intacte. « Ne pas jouer, c’est un échec pour moi. » Son retour dans le onze s’est fait dans un contexte particulier, profitant de la blessure de Joël Mall. Une situation qu’il accepte, sans détour : « J’aurais préféré reprendre ma place sportivement. »

Depuis plusieurs saisons, le poste de gardien reste un sujet sensible à Genève. L’alternance entre Frick et Mall, jamais totalement tranchée, alimente les interrogations. « Ce n’est pas facile », admet le principal concerné, tout en insistant sur la bonne entente entre les deux hommes.

Un constat partagé par Gourvennec, qui rappelle toutefois la nécessité d’une réflexion globale. « On doit discuter avec les joueurs concernés », explique-t-il, évoquant aussi la relève incarnée par les jeunes du club.

Une reconstruction assumée

Car au-delà des cas individuels, c’est bien l’ensemble du projet servettien qui est en chantier. « Ce n’est pas une saison de transition, mais de reconstruction », insiste Gourvennec.

Avec dix arrivées et l’intégration de nombreux jeunes, le club a profondément renouvelé son effectif. Un bouleversement qui a nécessité du temps pour produire ses effets. Trop, sans doute, pour jouer les premiers rôles. Mais aujourd’hui, les bases semblent plus solides.

« Le visage de l’équipe correspond à ce que je voulais », assure le technicien, évoquant une formation plus équilibrée, plus difficile à manœuvrer et capable de se créer davantage de situations.

Continuer la progression

L’objectif, désormais, est de capitaliser sur cette progression. Pas question de tout révolutionner : la priorité est à la continuité. « On est sur le bon chemin », martèle le coach des Grenats, qui souhaite renforcer les bases existantes plutôt que repartir de zéro.

L’intersaison devrait toutefois amener son lot d’ajustements, entre situations contractuelles à clarifier et possibles mouvements. Le cas de certains cadres, comme Timothé Cognat, pourrait notamment influencer les choix à venir.

Une histoire d’équilibre

Autre enjeu : trouver le bon équilibre générationnel. Avec plusieurs trentenaires dans l’effectif, le renouvellement est en marche, sans pour autant sacrifier l’expérience.

« La performance prime », rappelle Gourvennec. Une ligne directrice qui s’applique aussi à Frick, 33 ans, bien décidé à prolonger le plaisir. « J’ai encore beaucoup à apporter », affirme-t-il, tout en pensant déjà à sa reconversion, hors des terrains.

Septième au mieux, le Servette FC ne sauvera pas sa saison par son classement. Mais il peut encore en maîtriser la sortie. En retrouvant de la constance, en consolidant ses principes et en préparant l’avenir avec cohérence. Entre les mots de Frick et la vision de Gourvennec, un même fil conducteur se dessine : finir proprement, pour mieux repartir.

Photo : Maxime Sallin

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