Huit matchs à jouer, huit matchs à gagner

Le Servette FC n’échappera pas au tour de relégation. À huit journées de la fin, le constat est clair pour le club genevois, qui doit désormais composer avec une réalité bien éloignée de ses ambitions initiales. Entre lucidité et volonté de rebond, le discours se veut toutefois tourné vers l’action.

En première ligne, Steve Rouiller n’a pas cherché à minimiser la situation.

« Il y a forcément de la déception. Personne ne s’attendait à une saison comme celle-là. »

Un sentiment partagé en interne, alors que Servette espérait jouer un rôle bien plus important cette saison. Mais pour le défenseur comme pour son entraîneur Jocelyn Gourvennec, inutile de s’attarder sur le passé.

« Il n’y a pas de bilan à tirer maintenant », a insisté le technicien français. « Il reste huit matchs, c’est encore beaucoup. »

La victoire obtenue face au FC Zurich a permis de desserrer l’étau autour du Stade de Genève. Un succès attendu, tant les Grenat ont souffert d’un manque de régularité, notamment à domicile.

« On n’a pas assez gagné chez nous », a reconnu Gourvennec, conscient de l’importance de retrouver une certaine solidité dans son antre.

Le prochain rendez-vous face à un concurrent direct s’annonce déjà déterminant. Dans un contexte marqué par un changement d’entraîneur adverse, Servette devra rapidement s’adapter.

« Il y a toujours une part d’incertitude, mais à nous de nous appuyer sur nos qualités », souligne Rouiller.

Le défenseur met également en garde face à l’impact physique de l’adversaire : « Ce sera un match de duels. À nous de répondre présent. »

Si le contenu affiché par moments laisse entrevoir des motifs d’espoir, le manque de réalisme continue de pénaliser les Genevois. Le récent déplacement face au FC Bâle en est l’illustration parfaite.

Dominateur par séquences, Servette n’a pas su concrétiser avant de céder, notamment sur phases arrêtées.

« Dans le football, il faut marquer », a rappelé Gourvennec.
« Il nous manque cette agressivité dans le dernier geste », abonde Rouiller.

Malgré un classement peu flatteur, le vestiaire grenat refuse de baisser les bras. L’objectif est désormais clair : terminer la saison sans regrets et montrer un autre visage.

« On est des compétiteurs. On veut bien finir et prouver qu’on reste une équipe difficile à jouer », affirme Rouiller.

Même ligne directrice pour Gourvennec, qui insiste sur la progression continue d’un groupe en reconstruction. Lorsqu’on demande au coach des Grenats si ces huit prochains matchs serviront à préparer la saison prochaine, sa réponse est simple, limpide, il nous fait savoir que la progression est constante et que l’équipe tient mieux la route aujourd’hui qu’en début de saison. 

Le calcul est simple : huit rencontres restent à disputer, autant d’occasions de redresser la barre. Sans viser autre chose qu’une fin de saison solide et maîtrisée.

« Huit matchs à jouer, huit matchs à gagner », résume l’entraîneur servettien.

Un mot d’ordre clair pour un Servette désormais dos au mur, mais bien décidé à ne pas sombrer.

Entre frustration et lucidité, les Grenat abordent ce tour de relégation avec une seule idée en tête : réagir et assumer leurs responsabilités. Car au-delà du classement, c’est une question d’orgueil et d’exigence qui se joue dans ces dernières semaines. Huit matchs pour se racheter, retrouver de l’efficacité et offrir une fin de saison plus conforme au statut du club. Le temps des constats viendra plus tard. Celui de la réaction, lui, a déjà commencé.

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Nicola Di Nardo: