On va paraître provocateurs et très confiants avec ce titre, mais on voit mal Servette se faire rejoindre en tête du classement avec leur confortable avance, surtout si notre poursuivant principal est le FC Lôzanne-Sport.

Devant 10’545 spectateurs, en espérant en avoir au moins le double lors du match retour, on ne va pas se mentir en affirmant que les courageux qui ont bravé le froid n’ont pas assisté à un grand match, la faute à des chutes de neiges assez insolites pour un 3 avril. Servette qui dispute un match important dans des conditions dantesques, cela nous rappelle des bons souvenirs !

Avec le même 11 que lors de la rencontre de vendredi, les grenats tentent de faire abstraction du terrain digne du slalom d’Adelboden mais les pêcheurs opposent une bonne résistance, jusqu’à se procurer la première grosse occasion à la 22e minute, une frappe superbement détournée en corner par Jeremy Frick. Les offensives sont timides du côté visiteur lors de ce premier quart de match.

Jusqu’à la 26e minute où suite à une récupération vaudoise suite à une action genevoise, Nganga commet une erreur que même des juniors D ne font pas en se faisant subtiliser le ballon dans ses 16 mètres par Micha qui sert Koné pour le 1-0, provoquant la joie des 3’000 genevois présents en banlieue. Ce même Nganga qui tentera d’imiter Maradona en égalisant des mains 10 minutes plus tard mais qui se fera rattraper par la patrouille en se voyant logiquement refuser le but.

Dès lors et ce à partir de la mi-temps, on va assister au festival des chouineuses lausannoises qui vont tout faire pour tenter d’amadouer l’arbitre afin qu’il arrête le match, jusqu’à aller dans son vestiaire pour lui faire ses demandes. On félicitera M. Tschudi de ne pas s’être laisser corrompre par les mallettes d’Ineos et ce n’est que justice au vu du vol subit le 31 août dernier. Ils feraient mieux de les utiliser pour acheter des piles pour le microphone de leur speaker, un toit pour le secteur des 10 ultras (ça montre à quel point le club se soucie de ses supporters) ou du matériel de déblayage plus efficace et rapide que celui utilisé.

Après un début de deuxième mi-temps retardé de quelques minutes, nos joueurs se portent à l’offensive afin d’inscrire le but du break, chose qu’ils sont proches de concrétiser mais il manque une taille de crampon à Schalk à la 58e pour la mettre au fond. Le L-« Hess » tente le tout pour le tout en faisant rentrer 3 attaquants, dont le pseudo-dépressif Margiotta, mais à défaut d’être efficace en football, ils le sont en rugby en réussissant 2 superbes drops.

Toutefois, Roman Buess va se trouver seul face à Frick à la 71e mais ce dernier sort de remarquable façon et empêche une égalisation qui aurait pu relancer le INEOS Sport. Mais cet événement va surtout entraîner la chute du relégué, qui va concédé le but du 0-2 180 secondes plus tard sur une nouvelle récupération de Micha, qui va alors centrer pour Imeri, qui venait de rentrer, et qui catapulte le ballon d’une belle reprise de volée et s’en va célébrer devant le kop bien garni des visiteurs.

Les 10k spectateurs n’auront plus rien à se mettre sous la dent par la suite, si ce n’est de voir les pleureuses blanches mettre un énième coup de pression sur l’arbitre pour le report de la rencontre et d’entendre des « Contini démission » descendre des tribunes. Coup de sifflet final, Servette a sans aucun doute creuser l’écart définitivement avec ses poursuivants comme en témoigne la joie des joueurs et leur communion avec la nombreuse cohorte genevoise. 

Une cohorte ravie du résultat mais qui le sera encore plus d’apprendre qu’elle pourra être remboursée car selon certains, le spectacle était lamentable, n’est-ce pas M. Iglesias ?

Les notes

Frick : 8

L’un des piliers de cette victoire importante, qui a réalisé deux parades importantes à des moments clés (la première 4 minutes avant l’ouverture du score, l’autre 3 minutes avant le but du break). Contrairement à son homologue Castella qui a direct mis le temps en cause, il a fait abstraction des mauvaises conditions.

Sauthier : 6,5

Notre capitaine a connu un match assez tranquille défensivement, et a apporté du surnombre en attaque. Bonne prestation.

Routis : 7

Un très gros match de notre numéro 3, qui a grandement participé au blanchissage de la défense. Les conditions difficiles ? Il n’en a cure.

Rouiller : 7

Mis à part un tâcle assez risqué dans la surface mais qui a été bien maîtrisé, il a su se montrer impérial à l’arrière. 

Iapichino : 6,5

Un match propre de sa part, il a toujours été bien placé défensivement, il s’est contenté de faire le boulot. Un carton jaune stupide et évitable alors que tout était joué.

Maccoppi : 6

Face à son ancienne équipe, Maccoppi a fait son match en étant présent dans l’entre-jeu.

Stevanovic : 9

L’Homme du match. Il a été présent offensivement, défensivement, a été la plaque tournante de ce succès grenat. Ses deux récupérations qui ont amené à son 9e et 10e assist de la saison ont fait basculer le match et certainement assurer la promotion à l’étage supérieur !

Wüthrich : 5,5

Il serait injuste de le considérer comme le maillon faible de l’équipe ce soir, tant l’état de la pelouse a pénalisé son jeu. Geiger semble lui avoir confié un rôle de relayeur.

Cognat : 6,5

Malgré un début de match assez moyen de sa part, il s’est repris par la suite et a été très bon lors de la mi-match et dans la conservation de balle en fin de rencontre.

Koné : 7

La machine Koro Koné semble avoir repris des forces ! Il s’est rappelé au bon souvenir du 8 décembre dernier en ouvrant le score, encore servi par Stevanovic. A fait parler sa puissance physique.

Schalk : 6

Sa générosité a encore aidé à l’offensive servettienne mais il n’a pas su faire la différence.

Imeri :

Avec son entrée en jeu à la place de Wüthrich, il montre ainsi à Geiger qu’il peut briguer une place de titulaire, avec notamment le but du 2-0. 

Chagas :

Il a remplacé Koné juste après le 2-0, a tenté mais n’a pas été mis dans les meilleures conditions.

Mfuyi :

Pour sa première apparition depuis son match raté à Chiasso, il a permis à la défense de garder la cage de Frick inviolée.

Follonier :

Trop peu de temps de jeu pour se faire un avis.

Geiger : 10

Tant décrié à son arrivé par certains, il est à deux doigts de permettre à Servette de retrouver l’élite. Coaching gagnant avec l’entrée d’Imeri, il a aussi su garder son groupe dans le match malgré les éléments perturbateurs et le comportement des tuniques blanches.

FC Lausanne-Sport – Servette FC 0-2 (0-1)

Stade Olympique de la Pontaise, 10’545 spectateurs. Arbitre: M. Tschudi.

Buts: 26e Koné 0-1, 74e Imeri 0-2.

Lausanne: Castella; Boranijasevic (54e Pos), Loosli, Nganga, Flo; Puertas, Kukuruzovic, Pasche (46e Ndoye); Dominguez (62e Margiotta); Buess, Oliveira (72e Zeqiri). Entraîneur: Giorgio Contini.

Servette: Frick; Sauthier, Routis, Rouiller, Iapichino; Maccoppi; Stevanovic, Wüthrich (69e Imeri), Cognat (90e Follonier); Schalk (77e Mfuyi), Koné (75e Chagas). Entraîneur: Alain Geiger.

Avertissements: 23e Pasche (antijeu), 79e Iapichino (antijeu), 83e Chagas (jeu dur).

Notes: Lausanne sans Koura, Cabral, Sancidino, Geissmann et Nanizayamo (blessés), ni Manière (M21). Servette sans Lang, Alphonse et Antunes (blessés). 36e but de Nganga annulé.

Article rédigé par Alexandre Rossignol

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